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Arvin Boolell (ministre des Affaires étrangères) - « Les investisseurs ne doivent pas se focaliser sur les conflits en Afrique »

Edition Number: 
1045
From Date: 
Mercredi 29 Août 2012
To Date: 
Mardi 4 Septembre 2012

La diplomatie économique est le centre de la stratégie commerciale de Maurice dans la région, souligne Arvin Boolell. Pour le ministre des Affaires étrangères, nos investisseurs doivent mettre de côté leurs préjugés et voir en l’Afrique une source de grande prospérité. Il évoque par ailleurs d’autres sujets de brûlante actualité : le traité Inde-Maurice, la politique monétaire et le Budget 2013.

BUSINESSMAG. Comment se porte la diplomatie mauricienne ?

La diplomatie mauricienne est une diplomatie de proximité qui évite soigneusement de « punch above his weight. » C’est aussi une diplomatie qui a beaucoup de crédibilité vis-à-vis de ses partenaires que ce soit au niveau de la région, mais également auprès des autres instances internationales qui citent Maurice comme un modèle de démocratie. Cela me rappelle les propos élogieux de la Secrétaire d’État américain, Hilary Clinton, à l’égard de notre pays qui, selon elle, doit servir d’exemple à d’autres pays du continent africain.

Cette politique, qui est tributaire de la vision et de la sagesse de sir Seewoosagur Ramgoolam, a été perpétuée par les gouvernements successifs. N’oubliez pas que nous avons été parmi les premiers à suivre le One China Policy lorsque nous avons obtenu l’Indépendance. Il ne faut pas non plus oublier qu’une telle politique a permis à Maurice de se retrouver en première ligne des différents indices de classements sur le plan régional.

Bien qu’aujourd’hui, nous soyons un showcase pour le continent africain, les petits États insulaires en développement et les petites économies, nous devons poursuivre dans la voie de la diplomatie de proximité tout en respectant nos partenaires.

BUSINESSMAG. En même temps, nous constatons qu’il y a une complexification des relations internationales. Maurice dispose- t-il des ressources et des expertises nécessaires pour y faire face ?

C’est vrai que la crise financière et la crise économique qui touchent certains secteurs de notre économie ont rendu les relations internationales plus complexes. Mais, par la même occasion, elles nous poussent à nous adapter.

C’est là tout l’art de la diplomatie économique. À mon avis, elle ne se résume pas à des défis à relever, mais concerne aussi les opportunités à saisir.

Pour ce faire, nous mettons à contribution toutes les institutions allant du ministère des Affaires étrangères en passant par les différents départements concernés de près ou de loin par la diplomatie ou la promotion de Maurice, de même que nos missions diplomatiques à l’étranger. Nous agissons sur la base de la politique définie par le bureau du Premier ministre. Par exemple, sur le dossier des Chagos, nous avons une unité au bureau du Premier ministre. Ce qui veut dire qu’il n’y a pas que le ministère des Affaires étrangères qui est concerné par la diplomatie, mais aussi toutes les institutions de soutien comme le Board of Investment, Enterprise Mauritius et nos consulats.

Avec l’émergence des mega cities, nous devons également songer à y nommer des représentants pour saisir toutes les opportunités qui se présenteront pour mieux faire connaître le pays et attirer l’investissement. Ce qui justifie également la nomination d’ambassadeurs itinérants avec des responsabilités bien définies. Je me félicite du choix de ces ambassadeurs. Marie France Roussety aura la responsabilité des Seychelles et de la région. Une tâche dont elle s’acquittera en collaboration avec la Commission de l’Océan indien. Azad Dhomun, un banquier très connu en Afrique, s’occupera justement du continent. Surtout à un moment où le pays veut se positionner comme une porte d’entrée vers l’Afrique.

Nous pouvons également compter sur l’expérience d’Indira Sidaya à l’Unesco. Avec l’aide de l’ambassadeur Satiawan Gunessee, nous travaillons actuellement sur ce qu’on appelle Africa the Global Hub Strategy. Tout cela pour vous dire que c’est un travail d’équipe avec un partage de responsabilités. La consolidation de nos atouts est très important surtout lorsqu’on considère les différentes étapes que nous avons franchies depuis l’Indépendance du pays en 1968. C’est d’autant plus important car nous discutons aujourd’hui de plusieurs questions très importantes comme l’après-Cotonou, l’avenir du bloc des pays de l’Afrique, Caraïbes et Pacifique. En même temps, nous assistons à une remise en cause du fonctionnement du Conseil de sécurité des Nations unies. La représentativité au sein des institutions telles que le Fonds monétaire international et la Banque mondiale fait aussi l’objet de débats actuellement.

L’ironie c’est qu’aujourd’hui ce sont les pays émergents qui vont aider à « bail out » les pays en difficulté dans la zone euro.

BUSINESSMAG. Il est clair que le centre de gravité économique bouge vers l’Est. Sommes-nous en mesure de profiter pleinement de cette évolution ?

C’est pour cette raison que nous nous sommes adaptés aux changements en cours. Par exemple, il y a eu une feuille de route pour Madagascar grâce à Maurice quand nous avons pris la présidence de la COI. Je suis satisfait que Maurice et les Seychelles, qui assument aujourd’hui la présidence de la COI, aient contribué au progrès réalisé sur le plan du calendrier électoral.

Dans la région, nous sommes au premier plan pour faire avancer le dossier du commerce intra- SADC et intra-COMESA à tel point que nos partenaires trouvent que Maurice est plus pointilleux sur le dossier commerce et économie que sur la politique.

La voix de Maurice se fait également entendre comme un fervent défenseur des petites économies. Malgré sa taille, Maurice arrive à faire ressentir sa présence sans pour autant se mettre en avant sur la scène.

BUSINESSMAG. Pour en revenir à la diplomatie économique. Allons- nous avoir des personnes dédiées à la promotion du commerce et de l’investissement dans les missions diplomatiques pour capitaliser sur le changement du paysage économique ?

Nous avons déjà des trade advisers à Canberra, à Paris et à Delhi. Ce qu’il nous faut c’est une plus grande mobilité. Nous sommes en train de nous en donner les moyens avec la nomination des ambassadeurs itinérants. Il ne faut pas non plus oublier le nombre de forums que le Board of Investment organise dans les différentes Capitales pour présenter Maurice comme une porte d’entrée entre l’Afrique et l’Asie.

Sous ce chapitre, je dois préciser que bientôt nous allons officialiser l’accord que nous avons signé avec la Turquie qui est membre de l’Union douanière de l’Europe. Après la révolution du Printemps arabe, nous avons jugé nécessaire d’avoir un accord de libre-échange avec la Tunisie. Les négociations sont en cours.

En considérant le nombre d’accords de protection et de promotion de l’investissement que nous avons signés ainsi que celui des traités de non-double imposition fiscale qui, dans certains cas, demandent à être ratifiés, nous pouvons dire que nous sommes très proactifs.

De plus, Maurice sera la première nation africaine en 2016 à accueillir la World International Arbitration Conference. Ce qui est un grand honneur car ce n’est pas donné à tout le monde d’abriter un tel événement. C’est dire la crédibilité que nous avons comme pays. D’autres événements sont aussi à venir comme une conférence sur le développement et la migration circulaire.

Maurice se positionne également en compagnie du Kenya et de l’Égypte pour abriter l’African Institute for Remittances. Bien que nous soyons devenus aujourd’hui une référence dans plusieurs domaines, il ne faut pas pour autant dormir sur nos lauriers. Nous sommes appelés à réévaluer de façon continue nos institutions.

BUSINESSMAG. N’empêche, certains observateurs estiment qu’avec l’évolution du paysage mondial, les road shows et autres forums sont dépassés et qu’il faudrait utiliser d’autres moyens de lobby pour attirer l’investissement.

Comme je vous l’ai dit, Maurice a adopté depuis l’Indépendance une diplomatie de proximité, mais qui est pratique et pragmatique. Je me souviens très bien des événements que nous avons organisés avec les stars du cinéma ou encore les grands Business forums qui nous avaient valu des critiques. Mais c’est cette politique prônée par le gouvernement d’alors qui a amené les résultats que nous voyons aujourd’hui.

Je suis d’accord qu’il faut s’adapter aux changements pour saisir des opportunités durant cette période que beaucoup qualifient de nébuleuse. C’est pour cette raison que nous devons, au-delà des pays, avoir des représentants dans les mega cities qui voient le jour. Lagos est l’une d’entre elles. D’où la visite de Mme Ngozi, ancienne directrice de la Banque mondiale et qui occupe désormais les fonctions de ministre des Finances du Nigeria. Nous sommes également en train de faire comprendre à nos amis sud-africains que Maurice a un droit légitime dans le secteur des services et qu’il ne faut opérer en vase clos. Lorsque nous parlons de commerce intra-régional, nous devons avoir une participation juste et équitable.

C’est la raison pour laquelle nous demandons très souvent à l’Afrique du Sud et à d’autres pays de ne pas imposer des barrières techniques au commerce. Prenons le textile par exemple. Ce n’est pas possible que c’est lorsque nous cherchons à exporter plus vers l’Afrique du Sud qu’on évoque alors la question de « single transformation ». Ce n’est pas juste non plus qu’on remette sur le tapis à chaque fois le fait que le pays vient de sortir de l’apartheid. Les règles du jeu doivent être justes. On ne peut pas continuer à « move the goal post » à travers les règles d’origines ou encore avec les barrières techniques au commerce.

« Pourquoi ne pas s’implanter au Zimbabwe ? Le potentiel de ce pays dans le secteur de biens et services est immense. C’est pourquoi je demande aux opérateurs mauriciens de ne pas nourrir des préjugés. »

BUSINESSMAG. La crise globale a-t-elle fait resurgir ces vieux réflexes ?

Il y a un réflexe de protectionnisme, mais ce n’est pas tellement le cas sur le continent africain. C’est beaucoup plus ailleurs que nous retrouvons ces réflexes. Il en est ainsi depuis que les négociations au niveau de l’Organisation mondiale du commerce sont au point mort.

La crise alimentaire et la crise financière ont également entraîné dans leur sillage un regain de protectionnisme. À la lumière du rapport de la Food and Agricultural Organisation (FAO), il y a eu un sentiment au sein de la communauté internationale qu’il ne faut pas permettre la spéculation sur les denrées alimentaires étant donné son impact négatif sur les communs des mortels.

Oxfam, qui est une organisation non gouvernementale, a également mis en garde le G8 et le G20 contre les risques pour les pays en voie de développement et en développement d’une telle situation. Donc, il y a eu des réactions.

C’est malheureux que c’est de l’Inde, qui essaie d’ouvrir son secteur de distribution au détail et son secteur d’assurance, pour attirer la participation du privé à 49 %, qu’il y a des réactions primaires. Ce genre de réaction s’est manifesté également en Argentine. Nous espérons qu’avec le possible retour de la crise alimentaire, nous n’allons pas voir resurgir les réactions intestinales.

La communauté internationale ne voudra certainement pas vivre à nouveau la situation de 2008-2009. Il y a une prise de conscience que nous devons agir avec beaucoup plus de responsabilité et de prudence.


BUSINESSMAG. En revanche, Maurice a réalisé d’importants progrès en matière de libéralisation de son marché…

C’est avec raison que nous l’avons fait, car nous sommes un petit pays. Nous n’avons pas un vaste marché comme la Chine, l’Inde ou le Brésil. Nous n’avons d’autre choix que de nous tourner vers l’extérieur.

Il faut reconnaître que pendant la période difficile, ce sont les secteurs comme l’immobilier, les Tic et les services financiers qui ont su attirer pas mal d’investissements.

BUSINESSMAG. Justement, ceux qui produisent pour le marché local se plaignent…

Nous devons avoir une plus grande orientation vers le marché extérieur. Le comité de politique monétaire qui se réunira prochainement devrait étudier la valeur de la roupie pour voir si elle est surévaluée ou pas. Il est essentiel que nous protégions les industries tournées vers l’exportation. En même temps, nous devons ouvrir le marché d’exportation à d’autres secteurs.

Une étude sur le secteur des petites et moyennes entreprises a démontré que leur survie ne dépendra pas du marché local, mais de l’exportation. Nos exportations vers Madagascar tournent autour de Rs 4 milliards. Saviez-vous que les nouilles produites localement et qui sont exposées dans les rayons des commerces à Madagascar sont trois fois moins chères que celles importées de Chine. Il est vrai que les produits chinois sont frappés d’une taxe de 10 % à l’entrée. Malgré cela, nous devons réaliser que Maurice ne dispose pas des mêmes ressources que la Chine en termes de matières premières.

Le fait que Banker Shoes discute actuellement avec les autorités mozambicaines pour fournir l’armée en chaussures témoigne aussi du potentiel qui existe et de la nécessité d’encourager nos entrepreneurs à exporter. Nous devons vivre avec cette réalité que nous sommes un petit pays.

Il y a des opportunités à saisir. En même temps, au niveau de la SADC et du COMESA, nous devons faire avancer les choses. Car souvent, les fonds qui sont identifiés par les partenaires de développement pour accélérer le processus d’intégration régionale doivent être désengagés par manque « d’absoptive capacity ». Des fois, quand je soulève le problème, cela irrite nos amis du Secrétariat.

C’est pour cela que Maurice se demande aujourd’hui s’il ne faut pas regrouper les Like-Minded Countries que ce soit le Malawi, le Rwanda, la Namibie et le Botswana. Préparons-nous car pour faire aboutir le Regional indicative strategic plan, il faut une convergence macroéconomique ! Qu’on le veuille ou non, nous devons créer un environnement propice pour attitrer l’investissement en Afrique.

BUSINESSMAG. La pénétration du marché africain demeure quand même assez timide…

Je demande aux opérateurs mauriciens de ne pas regarder l’Afrique uniquement en se focalisant sur les régions où il y a des conflits. J’estime que c’est le moment pour investir au Zimbabwe dans le secteur de l’écotourisme. Je reconnais que la réforme agraire est une question sensible parce qu’il y a une dimension historique et politique. Il y a aussi la question du non-paiement d’une compensation par le gouvernement britannique, mais là, c’est une toute autre question. Ce qu’il faut retenir c’est que le Zimbabwe va redevenir le grenier de l’Afrique.

En 2016, la réforme de l’industrie sucrière arrivera à terme. Parallèlement, il y a une réforme continue de la politique commune agricole. Le régime sucrier n’est qu’une goutte d’eau dans cette réforme. Nous devons faire très attention car l’Europe aura d’autres sources d’approvisionnement en sucre avec l’ouverture de ses marchés à travers des accords de libre-échange avec les pays de l’Amérique latine. D’où l’importance de l’Afrique. J’en ai parlé avec les représentants de Sudzucker, la semaine dernière.

Je me félicite du fait que nous ayons désormais une industrie sucrière régionale qui est présente en Tanzanie, au Mozambique et très bientôt au Kenya et en Zambie. Pourquoi ne pas s’implanter au Zimbabwe ? Le potentiel de ce pays dans le secteur des biens et services est immense. C’est pourquoi je demande aux opérateurs mauriciens de ne pas nourrir des préjugés. Nous devons avoir un nouvel état d’esprit pour entrer en Afrique. Il y a des risques que nous sommes en train de mitiger à travers la signature d’accords de protection d’investissement et de libre-échange, ainsi qu’avec des traités fiscaux.

Avec le manque de cadres en Afrique, nos professionnels doivent oser et aller travailler sur le continent. Nous avons eu récemment une réunion ministérielle non seulement pour nous pencher sur un Reskilling et skilling programme pour répondre aux besoins de Maurice, mais aussi ceux de l’Afrique. Nous travaillons en collaboration avec le Botswana dans le secteur de la santé. Il faut faire preuve d’audace et franchir les frontières pour pénétrer le continent.

Nous avons également fait comprendre à l’Inde les avantages qu’elle peut avoir en utilisant Maurice comme tremplin pour pénétrer le marché africain. Déjà, nous avons vu que les compagnies australiennes qui investissent dans les minerais sur le continent sont enregistrées à Maurice.

BUSINESSMAG. On vous entend souvent parler de promouvoir Maurice comme un État océan. Pensez-vous réellement que nous avons les moyens pour saisir les opportunités dans ce domaine.

Nous devons devenir des citoyens archipélagiques. Je suis satisfait que mon collègue, le ministre des Affaires étrangères des Seychelles, Jean-Paul Adam, soit également en train de traduire dans les faits la vision de nos deux chefs d’État. La tâche est immense. Mais nous avons le soutien de la communauté internationale. Nous avons eu une réunion avec le représentant de l’Union européenne de la région. Non seulement l’Union européenne a démontré un vif intérêt pour ce projet, mais aussi on a demandé à Maurice d’organiser une conférence internationale sur l’océanographie où la dimension régionale sera vraiment très importante.

Les Japonais portent aussi une attention particulière au projet de Land-Based Oceanic Industry. Ils ont identifié trois pays, à savoir Maurice, le Sri Lanka et l’Indonésie. L’Indian Ocean Rim for Regional Cooperation n’est pas non plus insensible à tout cela. Lors de sa prochaine réunion en Inde, il sera question de l’économie bleue.

De plus, avec l’accord sur la gestion du plateau continental entre Maurice et les Seychelles, les structures sont mises en place. De par sa situation stratégique, Maurice a la chance de pouvoir se positionner comme un Logistic Hub dans cette partie du monde. Pour les navires qui utilisent la route allant de Singapour en passant par la Malaisie vers l’Afrique du Sud jusqu’à Brésil, il serait plus facile de transporter plus de cargo et moins de carburant s’il y a une possibilité de se ravitailler durant le trajet. Qui plus est, nous nous trouvons dans une zone qui n’est pas infestée de pirates.

Un comité présidé par le ministre des Infrastructures, Anil Bachoo, étudie justement toutes les opportunités qui s’offrent à nous comme un Logistic Hub. C’est la raison pour laquelle il y a des changements à apporter au niveau de la Cargo Handling Corporation. Dans un document, la Banque mondiale a expliqué que les solutions à la pauvreté et au problème de sécurité alimentaire se trouvent dans l’économie bleue. D’où la nécessité pour l’université et les institutions tertiaires de se mettre au diapason pour répondre aux besoins nationaux et régionaux.

« Dans un contexte où l’Inde passe par des moments difficiles avec la crise globale, elle a réalisé l’importance de ce traité. »

BUSINESSMAG. Vous étiez récemment en Inde pour une campagne d’explication sur le traité fiscal et la semaine dernière, il y a eu une nouvelle réunion du Joint Working Group. Sur la base de tout ce qui se passe, notamment le projet indien d’introduire les GAAR, doit-on craindre pour le traité ?

No. If anything we have to be optimist. Le ministre des Finances a utilisé les mots justes en parlant de « cautiously optimist but more on the side of optimism ».

Nous disons cela parce que nous avons l’occasion d’ajouter de la substance à nos opérations à travers des instruments financiers novateurs pour positionner la juridiction mauricienne comme une porte d’entrée.

Pour ce qui est du Joint Working Group, les retombées seront positives. Bien sûr, en deux réunions, nous ne pourrons pas répondre à toutes les appréhensions des deux parties. Ce qui est bien c’est que le comité s’est penché sur un document que le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a remis à son homologue indien. Et après la rencontre entre le ministre des Finances, Xavier Duval, et le ministre des Finances indien à Washington, j’ai pris le relais. J’ai mené une campagne de sensibilisation pour dire que Maurice est une juridiction propre comme le souligne l’OCDE et qu’il ne faut pas que la perception détruise la réalité. Je crois que le message a été compris et dans un contexte où l’Inde passe par des moments difficiles avec la crise globale, elle a réalisé l’importance de ce traité.

Après la réunion que nous avons eue avec la délégation indienne je suis confiant que nous allons conclure car la position de la classe politique a été transmise aux hauts responsables. Nous voulons avoir la certitude que nous allons ensuite être intégrés dans le traité une fois la réévaluation terminée. Pour nous, le traité qui est en train d’être réévalué sera dans l’intérêt de l’Inde avant tout.

C’est pour cette raison que nous avons mis en avant la « sacrosanctity » de l’article 13 sur le Capital Gains Tax qui est l’épine dorsale du traité.

S’agissant des General Anti- Avoidance Rules (GAAR), je citerai une autorité en Inde qui avait dit que ces règlements n’ont fait que créer plus de confusion et qu’ils sont en train de « defeat the very objective it sets out to be ». Nous connaissons aussi les réactions qui ont suivi cette annonce de l’Inde.

Nous souhaitons, par ailleurs, qu’il y ait des accords entre la Bourse de Maurice et les Bourses indiennes où encore voir plus d’investissements indiens transiter par l’offshore mauricien pour d’autres destinations. Nous voulons être pour l’Inde ce qu’est Guernsey pour le Royaume-Uni.

BUSINESSMAG. Le Budget 2013 sera présenté dans un contexte économique particulièrement avec la dégradation de la situation économique dans la zone euro. Est-ce le real politik qui sera privilégié ou le pragmatisme économique ?

Je laisse le soin aux institutions de faire leur travail tout comme le comité de politique monétaire doit faire le sien. Nous devons prendre en considération les difficultés auxquelles notre secteur d’exportation est confronté actuellement et veiller à ce qu’il demeure compétitif. Même l’Inde et la Chine ont laissé glisser leurs monnaies. Nous sommes un petit pays tourné vers l’exportation, il faut que notre monnaie reflète sa valeur réelle.

La priorité du Budget est d’encourager l’exportation et d’attirer l’investissement étranger. Je fais un appel à la population pour qu’elle ne nourrisse pas de préjugés quand on parle d’attirer du FDI. Nous devons agir comme les citoyens d’un véritable Mauritius Incorporated afin de relever les défis qui nous guettent comme nous l’avons fait dans le passé.

BUSINESSMAG. La majorité gouvernementale s’est consolidée avec l’arrivée d’un nouveau membre de l’Opposition. Comment voyez-vous l’avenir ?

La majorité gouvernementale va se consolider davantage à l’avenir car elle prône une politique de vérité. Avec l’impact de la crise dans la zone euro, il y a une prise de conscience chez le Mauricien qui relègue au second plan la politique partisane en s’intéressant de plus en plus à sa qualité de vie.

Le gouvernement travaille de façon à préparer le pays à faire un « quantum leap » dans un nouvel ordre économique mondial.

 

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