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Bellvill Chemises : une renaissance programmée

Edition Number: 
1306
Bellvill Chemises
Rezar Khan Khodabocus, directeur
From Date: 
Mercredi 4 Octobre 2017
To Date: 
Mardi 10 Octobre 2017

Dans les années ’70, les jeunes professionnels du pays ne juraient que par les chemises Bellvill. Souhaitant renouer avec le succès, le créateur de la marque compte rafraîchir ses collections et ouvrir un magasin en accord avec la demande.

Bellvill Chemises, marque 100 % mauricienne, a connu un franc succès entre les années ’70 et ’90. Le grand public mais aussi des avocats et autres personnalités de l’île étaient nombreux alors à fréquenter l’enseigne de prêt-à-porter pour hommes. Le directeur de l’entreprise, Rezar Khan Khodabocus, raconte avoir même eu le privilège de confectionner une chemise pour feu François Mitterrand, ancien président de la République française, au cours d’une de ses visites à Maurice.

L’histoire de Bellvill Chemises commence en 1974, poursuit Rezar Khan Khodabocus. Tandis qu’il travaillait chez Marlon, compagnie appartenant à son oncle, il remarque que «les jeunes hommes de l’époque commençaient à porter des chemises cintrées». Comme il souhaite exploiter cette tendance, il en parle à son oncle et l’encourage à mettre en place une deuxième unité de production dédiée à ce type de vêtement. La réponse est toutefois négative mais Rezar Khan Khodabocus s’accroche à son idée. Il décide donc de quitter l’entreprise familiale afin de monter sa propre affaire.

Les débuts furent modestes, reconnaît l’entrepreneur : il démarre la fabrication des premières chemises Bellvill dans un garage. Mais Rezar Khan Khodabocus ne manque pas de persévérance et croit en son projet. Résultat : d’un simple garage, l’unité de confection évoluera en un atelier comprenant trois machines, à Rose-Hill et de fil en aiguille, six à huit ans plus tard, en une usine d’une cinquantaine de machines.

En plus de la persévérance, la passion qui anime Rezar Khan Khodabocus a sans doute un grand rôle à jouer dans le succès qu’a connu Bellvill Chemises. La chemise n’a, en effet, pas de secret pour le chef d’entreprise. Véritable spécialiste en la matière, il a un œil exercé et repère immédiatement les défauts. De plus, un aspect à ne pas négliger dans ce métier, estime-t-il, est que «chaque morphologie a la chemise qui lui sied».

Perfectionniste, le directeur veille au grain à la qualité de ses produits. Avant qu’elles ne soient commercialisées, les chemises de la marque font l’objet d’une batterie de tests. L’un d’eux consiste à laver le vêtement vigoureusement à la machine pour tester sa résistance. Rezar Khan Khodabocus a aussi à cœur le confort de sa clientèle : «Nous veillons à ce que nos clients se sentent à l’aise dans nos chemises. Il faut qu’ils soient capables de marcher, de lever les bras… en d’autres mots, qu’ils soient libres dans leurs mouvements.» Le directeur ajoute que la spécialité de la maison demeure les cols. «Nul besoin de les repasser ; ils ne se froissent jamais», avance l’entrepreneur.

Malgré leur popularité, les chemises Bellvill résisteront mal à l’arrivée sur le marché local de marques de prêt-à-porter de renommée internationale. Les premiers signes se font sentir en 1988, puis dans les années ’90, la demande accuse une sérieuse baisse, la clientèle des premiers jours ayant par ailleurs vieilli. Et conquérir la nouvelle génération s’avère une tâche des plus ardues. Comme un malheur n’arrive jamais seul, Rezar Khan Khodabocus a dû être hospitalisé à cause d’un problème cardiaque et a été contraint de fermer le magasin de Phoenix Les Halles. Cette décision entraînera des pertes conséquentes, de l’ordre de Rs 1,2 million, confie-t-il.

Remis sur pied, l’entrepreneur, aujourd’hui âgé de 72 ans, ne baisse cependant pas les bras. À sa compagnie qui ne produit qu’environ 800 chemises par mois et n’opère plus qu’un magasin, à Port-Louis, il entend donner un nouveau souffle. Fort de son expérience et de son talent, Rezar Khan Khodabocus a mené une réflexion qui se concrétisera en une stratégie en deux temps : en premier lieu, il compte revoir la coupe de ses chemises pour conquérir des parts de marché supplémentaires chez les jeunes car ils constituent seulement 1 % de sa clientèle actuelle. Puis, il projette d’ouvrir un magasin dédié à cette clientèle sous une autre appellation que Bellvill. L’aventure est, semble-t-il, loin d’être terminée… 

Shareenah Kalla
Rubrique: 
1

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