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Brice Ohayon : Un as de la voltige aérienne au plus près du Cloud

Edition Number: 
1309
Portrait Brice Ohayon
From Date: 
Mercredi 25 Octobre 2017
To Date: 
Mardi 31 Octobre 2017

Le fondateur de Webpopulation, société implantée il y a peu à Maurice, n’a pas eu un parcours classique. Passionné d’informatique et d’aéronautique, il pilote son entreprise et exécute des acrobaties aériennes avec le même sang-froid.

Brice Ohayon, fondateur et Chief Executive Officer de Webpopulation, société qui se définit comme un partenaire de la transformation digitale des entreprises, nous reçoit dans les nouveaux locaux de l’entreprise, au Vivéa Business Park, à Moka. Décontracté et souriant malgré les quatre heures de sommeil qu’il a comptabilisées la nuit précédente, il revient de bonne grâce sur son parcours.

Né à Paris en 1979, Brice Ohayon grandit en Provence, dans le sud-est de la France. Ses parents, responsables d’une société de fabrication de tubes pour le prélèvement sanguin, l’inscriront par la suite à l’internat de l’École des Roches, en Normandie, soit à l’autre extrémité du pays. Cette expérience bouleversera son existence car du jour au lendemain, il se retrouvera au sein d’une communauté scolaire cosmopolite composée d’élèves d’appartenances religieuses et de cultures diverses. Il s’intégrera néanmoins graduellement à ce microcosme et y gagnera beaucoup d’un point de vue humain. En même temps que se développeront son respect de l’autre et son ouverture d’esprit, grandira également une soif de connaître d’autres cultures et une grande envie d’aller vivre aux États-Unis.

Son baccalauréat scientifique en poche, Brice Ohayon s’inscrit à l’European Business School, une école de commerce à Paris, en 1998. Au bout d’une année, toutefois, les moyens lui manquent et il se voit contraint d’interrompre ses études. Il enchaînera ensuite les petits emplois qui ne diminueront pourtant en rien son désir de reprendre les études. Aussi s’inscrit-il à la faculté de droit de l’Université René Descartes (Paris V) et, cette fois, gagne en parallèle sa vie à travers la vente de photocopieurs en Belgique et en France.

Après un an d’apprentissage, Brice Ohayon se rend compte de la difficulté d’allier études et travail. Comme il a toujours été attiré par les sports extrêmes – il a commencé à faire du motocross à l’âge de quatre ans –, il décide d’encadrer des colonies de vacances sur une base saisonnière. Une expérience professionnelle de quatre mois chez Passworld, une agence parisienne, jouera par la suite un rôle décisif dans son parcours, nous dit Brice Ohayon. Nous sommes au début des années 2000 et le professionnel apprend à mieux connaître l’univers numérique. «Cela a été une sacrée révélation», lance-t-il. Il se donne sans compter à son emploi, y consacrant parfois des journées entières alors qu’il ne perçoit qu’un salaire de 1 000 francs. Toutefois, s’il acquiert un maximum de connaissances, il ne s’entend pas avec la stratégie du patron de l’agence, ce qui l’amènera à quitter cette dernière.

L’envie de se rendre aux États-Unis l’habite plus que jamais mais Brice Ohayon doit s’armer de patience. En attendant, le groupe PJB Frères Blanc, spécialisé dans les brasseries parisiennes, lui confie la responsabilité de refaire leur site Web. Grâce à ce contrat, il peut enfin rassembler les fonds nécessaires au voyage qu’il souhaitait accomplir depuis tant d’années et il s’envole pour l’Amérique du Nord avec, en poche, un visa étudiant. C’est là-bas qu’il fonde Webpopulation avec la collaboration d’un ancien président de Sony/Columbia Pictures. Brice Ohayon évoque des débuts difficiles, principalement à cause de la barrière de la langue. Après un an aux States, il rentre au pays pour des vacances mais les démarches qu’il entame auprès de l’ambassade américaine afin de renouveler son visa sont vaines.

Contraint de rester en France et tandis que Webpopulation n’est plus d’actualité aux États-Unis, Brice Ohayon veut lancer l’entreprise dans son pays. Pour ce faire, il doit disposer de 7 600 euros, somme qu’il n’a pas à ce moment-là. Sa détermination le pousse à travailler dans des restaurants en soirée et, aidé de sa mère et d’un ami qui lui prête un bureau, il finit par ouvrir sa société dans une salle de vente aux enchères en banlieue parisienne, en juillet 2001. Le chef d’entreprise recommence de zéro et trois ans après, est en mesure de changer d’emplacement : avec sa quinzaine d’employés, il s’installe dans le Xe arrondissement, à Paris. Depuis, Webpopulation n’a cessé de croître et en 2005, Brice Ohayon a pris la décision stratégique de développer un logiciel d’e-commerce.

Il y a quatre ans, l’entrepreneur a choisi de venir vivre à Maurice, qu’il définit comme «un magnifique pays en voie de développement, notamment dans le secteur immobilier». Outre l’aspect économique, il affirme retrouver ici la diversité culturelle qui lui avait plu quand il était à l’internat de l’École des Roches. Les valeurs apprises durant les années passées dans cet établissement, il les transmet à ses employés afin de les encourager à s’enrichir au contact des autres et de favoriser l’entente intercommunautaire nécessaire au bon fonctionnement de l’entreprise. Brice Ohayon a ouvert une antenne de Webpopulation à Maurice cette année et précise qu’il mène personnellement les entretiens d’embauche.

Outre le monde numérique qui occupe la majeure partie de ses journées, Brice Ohayon voue une véritable passion à l’aéronautique depuis 2009. Cette année-là, il a l’occasion de monter dans un petit avion avec un ami corse. Ce vol lui a donné envie d’être lui-même pilote, si bien que deux jours après, il intègre une école de formation spécialisée. Aujourd’hui, devenu pilote professionnel, il a à son actif plus de 800 heures de vol. Il possède aussi la plus haute qualification en matière de voltige aérienne.

L’art du pilotage, soutient Brice Ohayon, est enrichissant à divers points de vue. En plus de lui avoir apporté une «méthode intellectuelle» qui l’aide dans la gestion de son entreprise, piloter a renforcé sa maîtrise de soi, vu que pour se retrouver aux commandes d’un avion, il faut «un sang-froid irréprochable».

Et puisque le Parisien ne fait jamais rien à moitié, il a monté une école de formation aéronautique avec trois associés. Baptisée Aero Vintage Academy, la structure se concentre sur le pilotage d’avions anciens dont ceux de la Seconde Guerre mondiale. Il nous confie, en sus, avoir eu la chance de faire une démonstration au Salon international de l’aéronautique et de l’espace à l’aéroport du Bourget, au nord-est de Paris, ajoutant que sa performance n’est pas passée inaperçue. Depuis qu’il est à Maurice, Brice Ohayon n’a pas eu la possibilité de piloter mais il est de ceux qui pensent que tout est possible à celui qui croit…

Fabrice Larétif
Rubrique: 
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