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Christian Bany : le roi de la brosse lissante

Edition Number: 
1285
Christian Bany
From Date: 
Mercredi 10 Mai 2017
To Date: 
Mardi 16 Mai 2017

Christian Bany est un des rares Mauriciens ayant réussi dans l’entrepreneuriat en France. Il a lancé sa société ABC (Accessoires Beauté Cosmétique) qui affiche aujourd’hui un chiffre d’affaires de 63 millions d’euros.

Il apparaît dans le hall de l’hôtel Ravelanala Attitude en polo blanc, short rouge et mocassins assortis. À son poignet, sa Rolex en jette, mais Christian Bany a gardé sa simplicité de Mauricien. C’est vrai qu’il possède une villa de 800 mètres carrés en France avec piscine, deux Porsche et paie l’ISF (impôt sur la fortune), mais il reste avant tout un homme simple qui se souvient d’où il vient et qui a lutté pour se faire une place au soleil. Pourtant, la première année d’opération est catastrophique pour ABC, et il voit s’évaporer 500 000 euros. Un coup dur, mais Christian Bany ne perd pas espoir et maintient le cap. Bien lui en a pris, puisque sur la deuxième année d’opération, il engrange des bénéfices supérieurs à 500 000 euros.

Né à Port-Louis, il a fréquenté l’Université de Maurice de 1976 à 1979, pour décrocher un DSUGE (diplôme supérieur universitaire en gestion des entreprises), puis il décide de partir en France pour compléter sa formation. «Je ne pense pas que j’étais programmé pour devenir entrepreneur», dit-il, mais les circonstances de la vie, «un brin de chance» et un travail acharné l’ont poussé dans cette voie. Après un passage au sein du groupe Nestlé qui lui permet de se familiariser avec les bases du commerce, puis au sein d’une PME anglo-australienne engagée dans l’hygiène-beauté, Cork International, il se lance dans la grande aventure de l’entrepreneuriat en fondant ABC (Accessoires Beauté Cosmétique) en novembre 2001 sans savoir qu’elle va le mener plus tard à devenir leader des accessoires de beauté en France.

Il débute avec un capital social de 700 000 euros mais s’associe à certains investisseurs (dont le groupe Elite) qui portent son capital de départ à 1,2 million d’euros. Au fait, c’est son expérience avec un de ses patrons au sein de Cork International qui le pousse à vouloir voler de ses propres ailes. «À la suite d’un désaccord avec un actionnaire de l’entreprise, je me disais simplement que le moment était venu et que je voulais prendre mon destin en main et entreprendre», relate-t-il. ABC, société engagée dans le secteur de l’hygiène-beauté, conçoit et fait fabriquer des accessoires pour le compte de marques célèbres. Elle procède à des appels d’offres internationaux, principalement en Asie, pour trouver des fournisseurs. «J’ai démarché les grandes surfaces. J’avais beaucoup observé le marché à l’époque et j’ai proposé aux grandes surfaces des accessoires de marque. C’est ainsi que nous avons débuté avec des accessoires de la marque Elite», souligne le président d’ABC.

En 2003, la chance lui sourit. Sa rencontre fortuite avec le leader européen de la coiffure, Franck Provost, sur un plateau de télévision, débouche sur un partenariat qui apporte une nouvelle force de frappe à son entreprise et sur le lancement de la gamme d’accessoires de coiffure pour Franck Provost, qui possède plus de 6 000 salons en Europe et représente aussi les marques Jean Louis David, Saint Algue, Fabio Salsa, etc.

Entre 2004 et 2009, ABC ouvre trois filiales à Hong Kong, en Espagne et en Pologne. Et un bureau de représentation en Belgique.

En juin 2016, il franchit une nouvelle étape importante en faisant l’acquisition pour 7 millions d’euros du groupe italien Paglieri (21 millions d’euros de chiffre d’affaires) et de ses marques (HQ, Miss Broadway, Eau des Alpes et Caramance, entre autres), qui était au bord de la faillite. Depuis, cette filiale est placée sous la houlette de Philippe Prisent et envisage un avenir «clair et prometteur». Ce rachat permet à ABC de réaliser des économies d’échelle, en comptant sur la capitalisation des achats pour réduire les coûts et augmenter son pouvoir de négociation vis-à-vis de ses fournisseurs. «J’ai créé une holding dont je possède la majorité de parts, 70 %, qui couvre l’ensemble de mes filiales à l’étranger et les 30% qui restent sont réparties entre les cadres de mon entreprise», précise-t-il.

Hormis sa récente percée en Italie, ABC regroupe actuellement 300 collaborateurs et peut s’appuyer sur un large réseau de distributeurs dans plusieurs pays : Taïwan, Singapour, Australie, Arabie saoudite, Danemark, Italie, Portugal, Slovénie, Bosnie, Serbie et Hongrie, entre autres. Ses produits et notamment sa brosse lissante sont aussi disponibles à Maurice par l’intermédiaire de BrandActiv. Si ABC est aujourd’hui leader des accessoires de beauté en France, elle détient parallèlement 30 % de parts de marché dans les accessoires de maquillage, pédicure et manucure. «Nous sommes uniquement dans le B2B. L’objectif est de proposer à nos clients des gammes complètes d’accessoires de maquillage, de manucure et de coiffure afin de redynamiser le secteur de l’hygiène-beauté. Notre stratégie est d’offrir des produits de qualité, originaux et malins, déclinés sous des marques de renommée internationale comme Elite Models et Franck Provost», étaye-t-il.

Outre Elite et Franck Provost, ABC travaille pour des enseignes telles que Bérangé, Princesse Lili et Mode Maker. Elle fabrique même des marques de distributeurs (MDD) pour des enseignes françaises et étrangères et réalise un chiffre d’affaires consolidé de 63 millions d’euros. D’autres projets grouillent encore dans la tête de Christian Bany et d’ailleurs il compte lancer prochainement un nouveau concept qui devrait sans nul doute plaire à la clientèle.

Magali Frédéric
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