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Compagnie de Beau Vallon Ltée : l’hôtellerie et le foncier, nouveaux moteurs de croissance

Edition Number: 
1309
entreprise Compagnie de Beau Vallon
From Date: 
Mercredi 25 Octobre 2017
To Date: 
Mardi 31 Octobre 2017

Initialement centrée sur l’industrie sucrière, la Compagnie de Beau Vallon Ltée a su assurer sa progression en se diversifiant. Aujourd’hui, ses pôles hôtellerie et immobilier/foncier prennent de plus en plus d’ampleur.

Incorporée en 1921, la Compagnie de Beau Vallon Ltée (CBVL) s’est d’abord concentrée exclusivement sur la production et la transformation de la canne à sucre. Depuis, cependant, elle a diversifié ses activités, s’engageant avec succès dans d’autres secteurs. Aujourd’hui, la CBVL compte 1 015 employés et quatre pôles d’activités : agriculture, hôtellerie, foncier/immobilier et services aux entreprises. Cette diversification permet au groupe d’exploiter pleinement le patrimoine foncier dont il dispose et de maintenir sa progression malgré la contraction que subit le secteur sucrier. 

Bien que le sucre demeure son activité principale et historique – 3 400 hectares de ses terres sont sous culture cannière –, la CBVL est également présente dans d’autres filières agricoles. Globalement, la surface dédiée à l’agriculture se chiffre à 4 900 hectares. La diversification agricole est pratiquée selon un système de rotation des cultures parallèlement à la canne et concerne, notamment, la production de pomme de terre. À ce propos, Thierry Merven, Chief Executive Officer (CEO) de la CBVL, explique que le groupe s’est associé à d’autres compagnies sucrières du Sud pour créer la filiale CopéSud. Celle-ci s’impose aujourd’hui comme le plus gros producteur de pommes de terre de l’île avec un rendement annuel de 4 500 à 5 000 tonnes, soit l’équivalent de 12 % de la production locale.

Outre la pomme de terre, la CBVL cultive l’oignon et des palmiers dont on obtient les «cœurs» de palmier, un mets apprécié pour sa finesse. «Nous avons une plantation de près de 150 000 palmiers et en écoulons régulièrement les ‘cœurs’ sur le marché local», précise Thierry Merven. Le groupe produit aussi des légumes frais, de qualité, sous contrôle strict, surtout au niveau de l’usage de produits phytosanitaires.

Sous son pôle agriculture, la CBVL pratique, par ailleurs, l’élevage de cerfs, commercialisant localement environ 450 têtes chaque année et propose au consommateur mauricien, à travers Terracine Foie Gras, une variété de produits à base de canard.

En sus de l’agriculture, la CBVL est un acteur important du secteur hôtelier. Le groupe y fait ses premiers pas en 2011 avec le rachat d’Union et de sa filiale Southern Cross Tourist Company. Il possède actuellement le Preskil Beach Resort, un établissement de 200 chambres situé à Pointe Jérôme, Mahébourg, ainsi qu’Astroea Beach, à Pointe d’Esny. Ce dernier, acheté sous le nom de Les Villas de Guérande, a été rénové puis reconverti en boutique-hôtel de 20 chambres. À l’affût des opportunités qui lui permettent de poursuivre sa croissance dans le domaine de l’hôtellerie, en 2013, la CBVL fait aussi l’acquisition de l’hôtel Flamboyant, à Belle-Mare. L’établissement, rebaptisé Solana Beach Club, a fait l’objet de travaux de rénovation avant d’être rouvert en 2014, raconte Thierry Merven, ajoutant qu’il s’agit d’un quatre- étoiles de 117 chambres. Le CEO mentionne dans le même élan les Lodges d’Andrea, établissement opérant selon un concept totalement différent, de par son emplacement – «non pas sur une plage mais sur une falaise». Et d’annoncer que le Preskil Beach Resort sera bientôt remis à neuf au prix d’importants travaux qui nécessiteront une fermeture de cinq mois.

Face à la baisse de régime dans l’industrie sucrière, Thierry Merven laisse entendre que le secteur hôtelier et le foncier/immobilier sont appelés, à l’avenir, à devenir des piliers du groupe. De fait, la CBVL possède un patrimoine foncier de grande qualité et a acquis une solide réputation en matière de développement de projets résidentiels au cours des 15 dernières années. Ces projets comprennent un certain nombre de morcellements, destinés à être mis sur le marché ou s’inscrivant dans le cadre de programmes sociaux relatifs à l’industrie sucrière tel le Volontary Retirement Scheme. Cela fait cinq ans, indique Thierry Merven, que le groupe a décidé de donner une nouvelle impulsion, un nouveau dynamisme à ses activités foncières/immobilières et une équipe de professionnels dédiée a été recrutée à cet effet.

Poursuivant sur sa lancée, le CEO évoque trois projets en cours de développement. Le premier s’installe à Riche-en-Eau, propriété appartenant à la CBVL. Il est question, dans ce cas, d’un lotissement résidentiel haut de gamme qui porte le nom de Ruisseau Tranquille. Le deuxième projet, situé à Beau Vallon, se déclinera en trois lotissements distincts : Beau Vallon Côté Mer, Côté Verger et Côté Champs. Les deux derniers morcellements, souligne Thierry Merven, sont des projets haut de gamme tandis que Côté Mer sera dans la catégorie moyen de gamme. «Nous développons 404 lots et les travaux d’infrastructures ont déjà démarré.»

Thierry Merven aborde ensuite un projet d’envergure sur lequel se penche l’équipe immobilière de la CBVL : le village intégré de Pointe d’Esny, qui verra le jour sur 168 arpents «avec un poumon vert de près de 30 arpents» ; un élément majeur et original, fait-il valoir. Selon le CEO, ce projet développé autour d’étangs naturels est le premier du genre à Maurice. Il répond, nous dit-il, à une demande grandissante pour des lieux d’habitation plus authentiques.

En termes d’investissements, le village intégré de Pointe d’Esny – projet qui sera prochainement lancé sous le régime de Property Development Scheme – nécessitera l’injection de fonds estimés à Rs 8 milliards. Il sera commercialisé auprès des Mauriciens comme des étrangers selon la formule de vente en l’état futur d’achèvement. L’offre résidentielle sera multiple, avec des terrains à bâtir, des appartements, des duplex et des villas. Le projet inclura un centre sportif doté d’installations de qualité, une maternelle et une école primaire, des aménagements nautiques : un beach club et un boatyard. Des espaces publics paysagés seront également réalisés, avec des voies piétonnières et pistes cyclables. S’y ajouteront des commerces de proximité, de même que quelques restaurants et cafés organisés autour d’un plan d’eau naturel qui donnera au site tout son caractère.

La CBVL, explique Thierry Merven, a de grands projets pour le Sud, partie de l’île avec laquelle elle entretient des liens historiques. En premier lieu, le groupe souhaite revitaliser Riche-en-Eau par le biais d’offres résidentielles et de commerces de proximité. La localité est appelée à devenir le cœur de toutes les activités de loisirs de la région Sud. Un protocole d’accord a aussi été signé avec Enatt pour la construction d’un centre commercial à Beau Vallon. Un terrain de 10 arpents a été mis à la disposition de la compagnie qui gère Ascencia, propriétaire de Bagatelle Mall of Mauritius et de Phoenix Mall, entre autres. Le complexe qui sortira de terre à Beau Vallon sera d’une superficie de 10 000 m2et nécessitera des investissements de Rs 650 millions.

Les nombreux projets mis en avant par la CBVL démontrent la volonté du groupe de poursuivre son ascension tout en donnant un nouveau visage et une nouvelle énergie à la partie sud du pays.

Shareenah Kalla
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