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Investissement : quand la plate-forme mauricienne séduit

Edition Number: 
1285
cybercité Maurice
La stabilité de Maurice est un atout pour les investisseurs
From Date: 
Mercredi 10 Mai 2017
To Date: 
Mardi 16 Mai 2017

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les investisseurs étrangers sont nombreux à faire confiance à Maurice comme passerelle vers l’Afrique. Outre les avantages offerts par l’État, l’expertise disponible sur place attire.

La vocation de Maurice comme plate-forme d’investissement vers l’Afrique se confirme. Grâce à la stratégie gouvernementale adoptée en ce sens, les sociétés multinationales ou transnationales souhaitant mener des opérations sur le continent bénéficient, de fait, d’un certain nombre d’avantages en établissant leur siège à Maurice. De plus, la compétitivité obtenue via les accords bilatéraux avec plusieurs pays et la limitation des risques liés à l’investissement sont des atouts non négligeables. À savoir que selon le Board of Investment, Maurice compte 47 accords bilatéraux de non-double imposition et 44 pour la protection et la promotion des investissements.

Les chiffres de la Financial Services Promotion Agency révèlent qu’en 2014, des $ 54 milliards investis sur le continent, 36 % sont passés par Maurice, soit $ 19,4 milliards. Cette année-là, nous avons été la première source d’investissement au Rwanda avec un total de $ 296 millions, devant l’Afrique du Sud, le Luxembourg, le Kenya et les États-Unis. Puis, entre 2009 et 2015, $ 4,56 milliards des fonds investis au Zimbabwe ont transité par Maurice, et au troisième trimestre de 2016, ce sont $ 178 millions, soit l’équivalent de 75 % des investissements étrangers destinés au Ghana, qui ont emprunté cette même voie.

François de Senneville, expert en fiscalité internationale, estime que Maurice est souvent le premier choix des sociétés désireuses d’investir en Afrique pour diverses raisons. Tout d’abord, ces entreprises méconnaissent généralement le continent et ont, en conséquence, besoin d’un bon réseau d’experts pouvant les accompagner et les aider, entre autres, à constituer des équipes «multimétiers» et multiculturelles. Maurice ayant joué ce rôle pour l’Inde, «nous bénéficions d’une certaine crédibilité à leurs yeux», soutient-il. Le pays dispose d’un ensemble de banques, de management companies, de légistes et d’autres experts qui lui ont permis de devenir le premier investisseur en Inde, poursuit François de Senneville. «Si Maurice sait proposer des services à valeur ajoutée dont les sociétés ont besoin pour investir sur le continent, il deviendra le premier investisseur en Afrique également».

L’expert fait mention de la Société Nationale d’Investissement du Maroc (SNI) qui représente les intérêts financiers du roi Mohammed VI. Ce fonds qui a établi son quartier général à Maurice récemment affichait en 2015 un montant de 3 milliards d’euros. Or, le Maroc a réintégré l’Union Africaine en 2016 après 33 ans d’absence et a fait part de ses intentions d’investir en Afrique subsaharienne.

Paul Baker, directeur d’International Economics, est, lui, d’avis que la stratégie adoptée par le gouvernement en vue de transformer le pays en une plate-forme financière, non seulement pour agir en tant que source d’investissements étrangers mais aussi pour investir directement dans des infrastructures physiques, prendra du temps à porter ses fruits. Cependant, ajoute-t-il, «une chose est sûre : cette stratégie permettra au pays d’avoir une forte présence sur le continent et à moyen terme, Maurice parviendra à devenir incontournable».

Par ailleurs, une tendance mérite d’être soulignée : des entreprises africaines ont exprimé le souhait d’établir leur siège sur notre sol. La Chief Executive Officer (CEO) d’Atlas Africa, Lindi Gillespie, sera à Maurice prochainement pour explorer les avenues de coopération entre ses clients et le gouvernement. Elle confirme cet intérêt des sociétés du continent pour notre juridiction. L’une des raisons évoquées : un climat des affaires stable de par l’absence de troubles politiques.

Au mois de mars, le CEO du géant ghanéen de la téléphonie mobile, Hubtel, Alex Bram, faisait partie de la délégation accompagnant le vice-président Mahamudu Bawaumia. Il avait déclaré à Business Magazine vouloir implanter sa société holding ici car ce groupe s’intéresse de près au marché kenyan. De son point de vue, une telle démarche ne peut que faciliter le mouvement de capitaux.

Enfin, ce phénomène migratoire concerne les grandes fortunes africaines. Des 145 000 millionnaires africains dont la fortune est évaluée à $ 800 milliards, 3 800 résident à Maurice. Ces nantis attirent à leur tour les banques du continent, dont la Trade and Development Bank, la dernière en date à avoir choisi de domicilier son siège social sur notre sol.

Arvin Mootoocurpen
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