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Le luxe à La Réunion: un secteur discret mais solide

Edition Number: 
1264
luxe secteur solide mais discret
«Dans le domaine du luxe, la plus grande difficulté est de convaincre les grandes marques de vous faire confiance»
From Date: 
Mercredi 7 Décembre 2016
To Date: 
Mardi 13 Décembre 2016

Si le luxe joue volontiers la carte de la discrétion, le secteur reste bien présent et ancré à La Réunion. Difficile d’en dresser un bilan économique tant les opérateurs locaux cultivent la confidentialité, critère indispensable dans ce domaine. Mais, après tout, le luxe ne s’appuie pas seulement sur des résultats chiffrés, mais aussi sur des valeurs et une certaine vision de l’exceptionnel (qui sont les garants de la fidélité de la clientèle). Penchons-nous donc sur les lieux où s’exerce le luxe dans l’île et les codes qui le gouvernent.

 

Il existe une institution dans l’île, le «Carré d’or», cette portion du centre-ville de Saint-Denis qui regroupe les grands magasins de luxe, dont certaines maisons sont installées depuis des décennies : bijoux (Vendôme, Narsy, Kalidas), vêtements et chaussures (George II, Finsbury, S&M 1977), sacs et accessoires (Lancel, Le Store, Le Voyageur), parfumerie (Nocibé, Mia, MadoParfums). On retrouve toutefois certaines de ces boutiques dans d’autres lieux : les autres villes, les galeries commerciales et même la zone sous douane de l’aéroport Roland Garros. Mais avant de s’installer dans les boutiques locales, il a bien fallu attirer les grandes marques du luxe à La Réunion.

«Dans le domaine du luxe, la plus grande difficulté est de convaincre les grandes marques de vous faire confiance ; et je vous prie de croire que ce n’est pas chose aisée lors que vous êtes nouveau sur le marché !» résume Sandy Pajanipadeatchy, le créateur du concept store S&M 1977. Le partenariat peut se faire sous forme de représentation, quand une bijouterie devient agent officiel de telle marque ou maison renommée, ou bien sous la forme de franchise, quand le grand nom du luxe est ouvert à ce type de contrat.

Outre les partenariats avec les grandes maisons françaises ou étrangères, des partenariats entre établissements qui proposent du luxe à La Réunion se mettent en place : S&M 1977 s’associe à Porsche, Mont-blanc et le Palm Hôtel. «L’idée que l’on veut faire passer, c’est que l’on peut personnaliser sa chemise comme on personnalise sa Porsche, et vice versa», explique le créateur de S&M 1977.

 

Club de passionnés

Porsche Réunion possède bien son propre club de passionnés, mais son rapprochement avec le concept store (qui a d’ailleurs organisé sa soirée officielle de lancement dans le centre automobile de Sainte-Clotilde) lui apporte l’image de l’élégance masculine. De son côté, le concept store bénéficie du prestige de la marque de voitures allemande. La stratégie est intéressante : en plus de renforcer l’image des divers partenaires, on crée ainsi un écosystème autour du luxe, une communauté. Elle peut aussi se révéler pragmatique : S&M 1977 peut-être amené à utiliser des boutons de manchettes et autres accessoires de Mont-blanc pour personnaliser les chemises de ses clients.

De son côté, le LUX* Saint Gilles s’associe à Mont-blanc, dont les catalogues de montres d’exception trônent sur les tables de la réception de l’hôtel comme des œuvres d’art. Comme le confie Stéphane Baras, le directeur d’exploitation du LUX* Saint Gilles, il n’est pas rare que des cocktails et événements réunissent l’un et l’autre, chez l’un ou l’autre. Un jour, un horloger est même venu spécialement de Suisse, sur invitation de la famille Narsy qui gère Mont-blanc à La Réunion, et a fait aux clients de l’hôtel une démonstration sur le fonctionnement de quelques montres.

Kalidas ouvre ses portes à des manifestations glamour comme l’élection de Miss Azian. Le luxe devient alors l’occasion d’une féerie, où les clients se sentent privilégiés. C’est sur cette thématique du must be, de l’événement à ne pas rater que table ainsi l’Akoya en invitant pour la toute première fois à La Réunion la très convoitée Paris Hilton :créer l’événement tout en créant l’envie mais aussi avec le pari de rester dans les mémoires, par le caractère unique, exceptionnel.

 

L’art des petites attentions

Le luxe, c’est aussi le service ; un postulat qui se vérifie spécialement dans l’hôtellerie. La classification cinq-étoiles d’un hôtel, créée en 2009, intègre pleinement la notion de services et suppose une attention toute particulière des hôteliers pour ce qui touche à l’accueil et au bien-être de la clientèle. L’attribution des étoiles, qui se limite à une durée de cinq ans, stimule la réactivité des établissements qui se font un honneur à mériter cette distinction. Les employés sont sensibilisés à cette démarche soit d’après leurs expériences professionnelles (certains ont exercé au sein d’institutions prestigieuses comme les palaces parisiens), soit par le biais de stages, comme les échanges inter-hôtels qui permettent aux différents acteurs de l’hôtellerie de partager avec d’autres collègues et d’apprendre des savoir-faire et savoir-être (des échanges qui se pratiquent au LUX* Saint Gilles, qui peut compter sur les autres hôtels de la chaîne, à Maurice, pour étoffer les compétences de son personnel au contact des établissements et de la clientèle de l’île sœur).

Au registre de ces petites attentions qui transforment un simple séjour en une évasion d’exception, on trouve la conciergerie, centre névralgique des demandes particulières de clients et qui assure conseils et assistance à la clientèle qui souhaite, par exemple, partir à la découverte de l’île de La Réunion et pratiquer des activités, réserver des excursions, organiser des surprises…

Soigner l’accueil et la réception des clients fait aussi partie des attentes liées à la classification «luxe» :c’est ce qu’a bien saisi l’Akoya Hôtel qui assure le transfert de ses clients internationaux vers et à partir de l’aéroport en véhicules de luxe (Jaguar ou minibus Mercedes).

Enfin, on retiendra l’attention portée par les trois hôtels cinq-étoiles de La Réunion à la restauration, chacun proposant jusqu’à trois types de cuisines, dont une cuisine gastronomique.

Jérôme Hoarau
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