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Le pire derrière nous

Edition Number: 
1064
From Date: 
Mercredi 16 Janvier 2013
To Date: 
Mardi 22 Janvier 2013

«L’euro a passé le pire de la crise ». Bien que les responsables européens aient demandé un peu plus de temps pour finaliser un plan de soutien à Chypre, le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schaeuble, s’est montré plutôt optimiste il y a quelques jours quant à l’avenir de la monnaie unique.

De son côté, Mario Draghi, le président de la Banque centrale Européenne (BCE), a annoncé que la zone euro allait sortir graduellement de la récession cette année. Le patron de la BCE a notamment mis en avant « la contagion positive » des marchés financiers européens après la décision de maintenir le taux refi de la Banque centrale à 0,75 %. Cette décision a, en effet, été perçue comme le signe que la crise de la dette était en train de perdre de son intensité. Et les responsables européens cherchent actuellement à faire déboucher le rebond des marchés financiers sur une reprise économique qui permettrait d’enrayer un chômage qui ne cesse d’augmenter. Mario Draghi a par exemple indiqué que l’Irlande et le Portugal pourraient retourner sur le marché international des capitaux pour se refinancer à l’expiration de leur plan de sauvetage. Signe de la détente actuelle : les taux de rendement sur la dette espagnole à 10 ans sont retombés sous la barre des 5 %, alors qu’ils étaient à près de 8 % en juillet 2012.

Quant au Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, qui est également président de l’Eurogroupe, il a évoqué l’amélioration du climat ambiant en soulignant que « le pire est sans doute derrière nous » tout en précisant que « ce qu’il reste à faire est difficile ». Les données macroéconomiques commencent également à aller dans le sens d’une embellie. Certes, la production industrielle de l’eurozone a reculé (-0,3 %) pour le troisième mois consécutif en novembre 2012, mais des indicateurs avancés, comme la production des biens intermédiaires, ontaugmenté. Toutefois, si croissance il y a en 2013, elle sera certainement très faible. La Commission européenne table ainsi sur une croissance de 0,1 % de la zone euro car des pays comme l’Espagne ou le Portugal ne devraient pas sortir de la récession avant 2014.

Aux Etats-Unis, l’optimisme semble aussi de retour. Le président de la Réserve Fédérale (FED), Ben Bernanke, s’est ménagé la possibilité de ralentir ses injections de liquidités si l’économie venait à repartir à un rythme plus soutenu que prévu. Son programme de rachat de dette de 85 milliards de dollars par mois n’a pas de limite dans le temps et peut être ajusté si le besoin s’en faisait sentir du fait d’un net rebond de l’activité. De toutes les façons, de nombreux analystes estiment que les injections de liquidités via les rachats de dettes devraient se terminer cette année. La FED table désormais sur une croissance comprise entre 2 % et 3,2 % en 2013, ce qui est plus optimiste que la prévision médiane de 2,2 % des analystes de Wall Street.

Ce regain d’optimisme de part et d’autre de l’Atlantique constitue une bonne nouvelle pour Maurice. Car, malgré la politique de diversification des marchés mise en place par le gouvernement, l’Europe reste le principal débouché à l’exportation du pays et son principal réservoir de touristes. Par ailleurs, les Etats-Unis restent un marché important notamment pour le textile. Mais il semble que ce soit avant tout le tourisme qui sera le secteur clé pour Maurice en 2013. Le dynamisme de certaines origines comme la Russie, les Emirats arabes unis ou la Chine va constituer un atout certain. La fin de la récession en Europe sera également un soutien. C’est du moins ce que semblent penser les investisseurs en Bourse. Le compartiment des valeurs hôtelières, qui avait lourdement pesé sur le marché en 2012, est en train de retrouver des couleurs. A l’image de New Mauritius Hotels (NMH) qui affiche une hausse impressionnante de 23 % depuis le début de l’année.

Pierrick Pédel
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