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Pest control : la lutte intégrée professionnalise le marché

Edition Number: 
1312
Business File Pest Control
From Date: 
Mercredi 15 Novembre 2017
To Date: 
Mardi 21 Novembre 2017

L’arrivée de l’été est souvent attendue avec impatience, car elle met fin aux journées plus courtes et humides avec un intérieur moite. Mais la belle saison vient avec son lot de désagréments et apporte dans son sillage insectes, rats et autres bestioles souvent insupportables, car nuisibles ou ravageurs. Pour empêcher leur prolifération, les Mauriciens font appel aux entreprises engagées dans la lutte contre les nuisibles.

Fruits, légumes, meubles et autre matériel de maison rongés, la liste des dégâts causés par les rongeurs est longue. La lutte en cours ou à venir contre ces derniers s’annonce féroce, car les ravageurs prolifèrent souvent de manière incontrôlée. L’économie, la production agricole, la santé des personnes et des animaux domestiques, ou encore l’environnement en sont grandement impactés. Les entreprises spécialisées dans le pest control doivent toutefois rester prudentes dans le choix de produits utilisés dans cette lutte. Faute de temps et soucieux de la couche d’ozone, les Mauriciens ne se fient plus à l’approche classique, qui consiste à détruire les mauvaises herbes, symbole d’habitation des bestioles, en les brûlant. La demande d’intervention des entreprises de pest control s’amplifie donc pendant l’été.

Le marché du pest control grandit non seulement pendant la période estivale mais également suite au nombre croissant de nouveaux bâtiments en construction dans le pays. Nombreux sont les propriétaires de grands sites qui sollicitent l’intervention des entreprises pour des services d’extermination de nuisibles. Ils se soucient de la santé de leurs employés, clients et visiteurs.

Vincent Espitalier-Noël, directeur de VN Pest Control, souligne que ce marché est en pleine croissance, car «Maurice a mis en place une législation visant à améliorer les normes d’hygiène et de santé dans l’environnement alimentaire, l’hospitalité et le travail en général. Cela implique des normes antiparasitaires à respecter pour protéger et élever les risques sanitaires auxquels nous sommes exposés». Olivier Dove, General Manager de Greenline Pest Control, fait pour sa part ressortir que la prise de conscience des Mauriciens concernant la santé avive ce marché. «Après les soucis causés par le Chikungunya et la fièvre dengue transmis par l’Aedes albopictus, place à la peste qui est d’actualité dans les pays avoisinants. Transmis par les puces et rats, cette maladie est en ce moment une menace pour le pays», dit-il. Jacques André Drouin, responsable du département de Pest control à Coroi, partage le même avis : «La prise de conscience de la population mauricienne jalonne ce marché».

Vers des produits écologiques

L’évolution mondiale du secteur a un impact positif sur Maurice. Les normes de lutte antiparasitaire sont désormais beaucoup plus réglementées et professionnellement gérées. L’utilisation de produits dits «user and environment-friendly» apporte une certaine mutation sur ce marché. Olivier Dove de Greenline Pest Control déclare que sa société pratique avec succès la lutte intégrée depuis quelques années.

«La lutte intégrée vient imposer certaines règles de base où l’utilisation de produits chimiques n’est pas faite de manière systématique mais seulement quand l’infestation a atteint un certain seuil». Premium Pest Control a instauré des traitements contre les termites, l’utilisation d’un plastique contenant déjà de l’insecticide entre les microns ou encore des produits bio pour les rongeurs et autres insectes. Vincent Espitalier Noel de VN Pest Control est d’avis qu’il faut «s’attaquer à ces problèmes qu’engendrent les nuisibles de manière efficace. Certaines entreprises de lutte antiparasitaire ont ici un soutien international grâce à des accords de franchise et sont bien orientées pour offrir un très bon service».

La concurrence est vive dans le secteur du pest control à Maurice. Les différentes entreprises qui y opèrent s’efforcent de proposer un service de qualité pour se distinguer. Prolifération d’insectes nuisibles oblige. Les opérateurs commercialisent des produits plus performants et plus écologiques. Olivier Dove rappelle que sa société «présente une approche IPM (Integrated Pest Management) où le minimum de produits chimiques est utilisé». VN Pest Control s’assure d’offrir «un service régulier avec des résultats prouvés tout en étant honnête, fiable et transparent».

Pour sa part, Harley Juste précise que Premium Pest Control agit en tant que conseiller vis-à-vis de ses clients «sur les méthodes naturelles d’élimination des insectes et rongeurs». La société Coroi, qui utilise des produits agréés par l’Organisation mondiale de la santé, fait le maximum pour être à l’écoute de ses clients pour «analyser le problème, le traiter et parvenir à une solution».

Concurrence déloyale

Par ailleurs, les entreprises font en sorte d’avoir du personnel apte à répondre aux exigences des clients en investissant dans des formations après-vente, par exemple. Greenline Pest Control offre une formation régulière à son personnel, assurée en interne par Roger Faydherbe & Co et «des formateurs de multinationales telles que Ensystex, Bayer et BASF». Vincent Espitalier-Noël abonde dans le même sens et ajoute que son entreprise «cherche constamment à hausser le niveau de service ; la formation continue est vitale. La société effectue également le suivi de nos clients pour évaluer leur satisfaction». Coroi mise de son côté sur des simulations tout en offrant des formations internes à son personnel.

La quête du gouvernement d’élever les normes sanitaires, de santé et d’hygiène contribue à la bonne santé du marché du pest control à Maurice. Alors que les bestioles comme les moustiques, par exemple, sont le cauchemar de beaucoup de personnes, des opérateurs sans permis prolifèrent sur le marché, provoquant l’indignation des entreprises dûment enregistrées. Les intervenants s’accordent sur le même violon : il est impératif de sensibiliser le public pour éviter qu’il n’achète des produits chimiques fournis par des opérateurs sans permis.

Harley Juste, directeur de Premium Pest Control, estime que le secteur est affecté par la présence d’opérateurs illégaux. «Le pays n’a pas de réglementation adéquate et de suivi. Les opérateurs sans permis n’ont pas le niveau et l’expérience voulus pour offrir un service de qualité et ce sont les professionnels qui en font les frais. Le fait qu’ils ne connaissent pas les rouages du marché résulte en une baisse des prix des prestations».

De son côté, Vincent Espitalier-Noël pense que le danger se trouve dans les produits utilisés par les opérateurs sans permis. «Les produits ne sont pas forcément réglementaires et la qualité du service est médiocre».

Olivier Dove parle pour sa part de «concurrence déloyale» et espère que le Pesticides Use Bill qui est en préparation tiendra compte de cet aspect. Pour Jacques André Drouin, «les autorités devraient être plus vigilantes face aux opérateurs sans permis».

Fabrice Larétif
Sneha Peryagh
Rubrique: 
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