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Plastic Industry formule des ambitions est-africaines

Edition Number: 
1281
Plastic Industry
From Date: 
Mercredi 12 Avril 2017
To Date: 
Mardi 18 Avril 2017

En activité depuis 1970, Plastic Industry (Mtius) se modernise constamment pour répondre aux attentes des marchés local et régional. Fière de son identité, elle souhaite se faire l’ambassadeur du «Made in Moris» jusqu’en Afrique de l’Est.

Plastic Industry (Mtius) – PIM – a vu le jour en 1970 et en 47 ans d’existence, s’est positionnée comme l’un des principaux acteurs de la filière plastique à Maurice et dans la région océan Indien. Forte d’un effectif de quelque 180 personnes, la compagnie située dans la zone portuaire, dans des locaux de 3 000 m2, travaille en étroite collaboration avec différents secteurs de l’économie : industriel, pharmaceutique, cosmétique, agroalimentaire, entre autres. Au moyen des procédés de fabrication que sont l’injection, le soufflage et l’extrusion, plusieurs dizaines de tonnes de produits en plastique sont fabriqués chaque année à l’usine de PIM : caisses, jerrycans, bouteilles, conteneurs ou encore bocaux, pour ne citer que ceux-là.

La production de PIM se destine avant tout au marché local mais aussi à La Réunion, aux Seychelles, à Madagascar et Mayotte ainsi qu’à la Nouvelle-Calédonie. Ces exportations représentent 8 à 10 % du chiffre d’affaires de l’entreprise dont le montant global avoisine les Rs 200 millions. Quant à la matière première utilisée, des granules, elle provient d’Asie, d’Afrique du Sud et de Dubaï.

Interrogé par rapport à l’exportation de produits PIM vers la Nouvelle-Calédonie, étant donné l’éloignement géographique de ce marché, le Managing Director de l’entreprise, Eric Corson, nous explique que «ce sont des clients réunionnais qui, satisfaits de la qualité de nos produits, ont recommandé PIM auprès de leurs contacts en Nouvelle-Calédonie» (NdlR, la Nouvelle-Calédonie relève, comme La Réunion, de la souveraineté française, bien qu’ayant un statut de large autonomie). Si le MD évoque les projets de diversification de marchés vers l’Afrique de l’Est, il ajoute que pour l’heure, l’entreprise se concentre sur la consolidation de ses activités à Maurice et dans la région.

Afin d’accroître son volume d’exportation, PIM mise sur sa capacité à innover. «Nous avons plus de 500 produits différents à notre actif et allons continuer d’innover. Nous nous adaptons à la demande et il arrive même que nous créions de nouveaux produits en fonction de ce que recherche la clientèle», soutient Eric Corson. L’entreprise alloue d’ailleurs un budget chaque année à la formation du personnel et au développement de nouveaux produits.

PIM s’est engagée dans une démarche écologique à plusieurs niveaux. Premièrement, elle a conclu des accords de partenariat avec des sociétés mauriciennes auprès desquelles elle récupère des déchets en vue de les recycler. Sans compter qu’elle recycle ses propres déchets et investit régulièrement dans la modernisation de ses machines, s’assurant que celles-ci soient le moins polluantes et le moins énergivores possible. Dans l’unité de recyclage de PIM sont fabriqués des pots de fleurs ainsi que des poubelles dont des modèles aux couleurs du quadricolore, destinés au tri sélectif des ordures. L’engagement de PIM prend, en sus, la forme d’une collaboration avec l’organisation non gouvernementale Mission Verte : elle parraine des actions de sensibilisation menées par l’ONG dans les écoles auxquelles sont distribuées gratuitement des poubelles de tri sélectif.

L’attachement de cette entreprise 100 % mauricienne à son identité est palpable. «Nous croyons aux produits ‘Made in Moris’, que nous essayons de promouvoir et sommes aussi membres de l’Association of Mauritian Manufacturers», souligne, à ce propos, Eric Corson. Une conviction qui a incité PIM à se lancer récemment dans la fabrication de chaises en plastique portant le logo «Made in Moris» conçu par l’AMM afin de valoriser la production locale. Eric Corson déplore toutefois la concurrence que font subir aux entreprises manufacturières les produits importés d’Asie.

L’exportation de produits locaux vers les pays de la région constitue, elle aussi, un défi dans une certaine mesure, poursuit le MD. «Nous investissons beaucoup car nous croyons dans l’industrie mauricienne. Néanmoins, les taxes d’entrée font que nous avons des difficultés à pénétrer les marchés de la région comme à l’île de La Réunion. Il suffit qu’une entreprise réunionnaise se mette à commercialiser un produit similaire au nôtre pour que nous ayons à nous acquitter d’une taxe d’entrée». Face à ces problèmes, Eric Corson estime que la pratique d’une politique de protectionnisme à Maurice pourrait S’avérer utile. Il est un fait, justifie-t-il, que l’industrie locale aspire à sauvegarder ses produits des dangers que font peser sur eux les produits importés ; il y va de la survie même du secteur manufacturier et des emplois y relatifs. «La compétition à Maurice n’est pas très saine», observe Eric Corson, pour qui «le risque est réel».

Les autres difficultés contre lesquelles doivent lutter les industriels locaux, y compris de grosses pointures du segment agroalimentaire, les fabricants de détergents et de peinture, ont trait à la taxe et aux clauses, «insuffisantes», incluses dans les appels d’offres. Il s’agit là encore de facteurs les désavantageant vis-à-vis des produits importés, fait valoir le MD qui plaide pour un appui plus important de la part de l’État. «Nous avons essayé de recruter du personnel supplémentaire au cours des trois dernières années et cela demande quand même un certain soutien», avance Eric Corson.

Malgré une réduction des marges, due à un contexte hautement concurrentiel, PIM demeure pour l’instant profitable. Eric Corson admet toutefois que la situation devient de plus en plus difficile et exige de l’industrie locale davantage d’efficience et d’imagination. En tant que fournisseur de «quasiment tous les secteurs d’activité», il dit sentir une ambiance morose parmi ses clients et s’en inquiète, vu qu’il dépend «entièrement» d’eux. «Dès que la performance d’un secteur d’activité décline, mon entreprise en est affectée».

PIM n’en demeure pas moins tournée vers l’avenir et prévoit que ses exportations vers les marchés régionaux atteindront 15 % de son chiffre d’affaires d’ici à trois ans. La mise en place de nouvelles normes de qualité est aussi envisagée, alors que l’entreprise est déjà certifiée ISO 9001:2008. «Mon ambition est de moderniser l’entreprise», conclut Eric Corson. 

Himanshu Marchurchand
Rubrique: 
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