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Private Banking : dix années fastes en perspective

Edition Number: 
1304
dossier private banking
From Date: 
Mercredi 20 Septembre 2017
To Date: 
Mardi 26 Septembre 2017

En l’espace de dix-sept ans, le marché de banque privée a connu une ascension fulgurante. Aujourd’hui, le secteur bancaire peut se targuer d’offrir aux clients fortunés des produits financiers sophistiqués leur permettant d’agrandir leur patrimoine et de maintenir un train de vie élevé.

Le client est roi. Quand l’on est bien nanti, cet adage trouve tout son sens. À Maurice, les banques n’hésitent pas à dérouler le tapis rouge pour cette clientèle huppée qui connaît fort bien les rouages de la finance. D’une part, elle cherche légitimement à faire fructifier sa fortune, notamment en investissant sur le marché des capitaux et, de l’autre, elle veut s’assurer que son patrimoine sera transmis à la prochaine génération. Dans le même temps, elle aspire à un niveau de vie conforme à son statut social.

Bien que le marché du Private banking soit encore relativement jeune à Maurice – le pays est loin d’avoir l’expérience de la Suisse et de Londres qui sont dans le domaine de la gestion patrimoniale depuis plus de 200 ans –, n’empêche, il a rapidement gagné en maturité. La Mauritius Commercial Bank (MCB) a été la pionnière, ayant lancé son département de banque privée en 2000. La State Bank of Mauritius (SBM) lui a rapidement emboîté le pas en 2004. Aujourd’hui, avec la consolidation du secteur bancaire, les opérateurs disposent du savoir-faire et des compétences nécessaires pour offrir à leurs clients fortunés une panoplie de services bancaires et financiers dignes de ce nom. La qualité du service trouve écho dans la croissance des actifs sous gestion qui avoisine 70 % par an.

Maurice caracole en tête

La prochaine décennie promet d’être faste pour le métier de banque privée. Car le nombre de millionnaires (en dollar américain) sur le sol mauricien ira croissant. Comme le révèle l’Africa Wealth Report (2017) d’AfrAsia Bank, qui s’attend à une croissance de
130 % du nombre de millionnaires à Maurice entre 2016 et 2026. Nous devancerons l’Éthiopie (+100 %), le Rwanda (+100 %), la Tanzanie (+100 %) et le Kenya (+80 %).

Sur une période de dix ans (2006 – 2016), là encore, Maurice occupe le haut du podium, avec une hausse de 230 % des millionnaires devant l’Éthiopie (+217 %). Le rapport identifie une série de facteurs pour expliquer cette forte progression des multimillionnaires, parmi la bonne croissance économique au pays, l’octroi de la résidence permanente aux étrangers investissant au moins $500 000 et dans une maison, une fiscalité légère, l’absence du contrôle des changes qui constitue une incitation à l’investissement ou encore la migration d’un nombre important de gens fortunés à Maurice sur la dernière décade, notamment de l’Afrique du Sud et de la France. Ainsi, depuis 2006, 280 millionnaires sud-africains sont venus s’installer à Maurice.

Cetécosystème dynamique est propice à l’expansion des activités de banque privée. Pour Sanjaiye Rawoteea, Head of PrivateWealth à SBM Bank (Mauritius), ce marché est appelé à grandir dans le futur, étant «soutenu par les incitations fournies par le gouvernement pour encourager les experts et la diaspora à venir partager leur expertise à Maurice. Nous nous attendons à une diversification des marchés cibles, ainsi qu’à une amélioration et une sophistication des produits et des services financiers et non financiers, et une utilisation accrue de la technologie».

En pleine croissance

Il est rejoint dans son analyse par Guillaume Passbecq, Head of Private Banking and Wealth Management à Bank One, qui est d’avis que la juridiction mauricienne a gagné en professionnalisme et bénéficie désormais d’une notoriété internationale. «Nous devrons nous approcher des niveaux d’excellence affichés par les destinations telles que la Suisse, Singapour, Dubaï ou encore Londres et Hong Kong», prévoit-il, tout en ajoutant que la croissance du marché dépendra de notre capacité à attirer une clientèle internationale, notamment avec le développement du marché africain.

De son côté, Virginie Contant, directrice – Private Banking de la Banque des Mascareignes, estime que les banques locales devront s’adapter aux exigences de plus en plus élevées. «Les besoins du client ‘Private banking’ évoluent. Le marché est aussi appelé à évoluer, à se spécialiser davantage, à être plus agile, à proposer des solutions toujours au plus près des besoins du client», argue-t-elle.

Le Dr Muniruddeen Lallmahamood, Chief Executive Officer de Century Banking Corporation, entrevoit également l’avenir avec optimisme. S’il estime que le marché est encore au «stade infantile» à Maurice, il s’attend toutefois à plus de croissance dans les années à venir. «Le marché devra répondre aux besoins des Mauriciens et des clients de l’offshore, notamment grâce aux nombreuses initiatives mises en place et touchant à la gestion de trésorerie et aux offices familiaux», observe-t-il.

Pour Brian Ah Chuen, Strategic Business Executive d’ABC Banking Corporation, il faut situer l’émergence du Private banking dans le contexte de la transformation de Maurice en une économie sophistiquée et diversifiée. Selon lui, il est clair que «le créneau de la gestion de patrimoine est appelé à grandir davantage car il y a aujourd’hui de nombreux avantages pour que les offices familiaux viennent s’installer à Maurice. Nos services, à travers ABC Capital, comprennent des offres, des structures et un management de leur portefeuille, qui leur assure un accompagnement fiable et solide».

Quant à Sanjiv Bhasin, Chief Executive Officer d’AfrAsia, il est d’avis que Maurice a des atouts en sa faveur pour attirer une clientèle privée internationale. Le pays dispose ainsi d’un des centres offshore les mieux établis à l’échelle de l’Afrique. Ce qui fait que nous sommes bien positionnés «pour capter une plus grande part de marché dans les années à venir. Mais nous devrons nous montrer agressifs et constants dans nos efforts tout en développant les compétences et les talents pour servir ce marché en pleine croissance».

Richard Le Bon
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