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Sapmer : exportations annuelles de 3 000 T de thon de premier choix

Edition Number: 
1271
Sapmer
From Date: 
Mercredi 1 Février 2017
To Date: 
Mardi 7 Février 2017

L’entreprise, qui marque 70 ans de présence dans le secteur de la pêche, utilise Maurice comme hub pour toutes ses exportations à l’international. Elle inaugurera en mars un deuxième comptoir de vente, à La Réunion, après celui de Shanghai.

Société opérant dans le secteur de la pêche depuis 1947, Sapmer compte 15 navires qui sillonnent l’océan Indien et les mers australes, une usine de valorisation située à Maurice et une administration répartie entre La Réunion, Maurice et les Seychelles. L’entreprise a commencé ses opérations avec la pêche à la langouste australe, aussi appelée petite langouste rouge, qu’on trouve dans les eaux de l’Antarctique, plus précisément aux abords des îles Saint-Paul et Amsterdam, vierges de toute pollution. Sapmer est la seule compagnie à ce jour à pêcher ce type de langouste. Ses prises sont surtout destinées au marché japonais, qui apprécie le goût raffiné du crustacé.

À partir du milieu des années 80, toujours dans cette zone glaciale du globe, les bateaux de Sapmer s’aventurent aux alentours des îles Kerguelen et Crozet pour en rapporter de gros poissons considérés comme «l’or blanc des Terres australes et antarctiques françaises» : la légine. Celle-ci est servie sur les meilleures tables du Japon et des États-Unis, notamment, où elle a conquis les gourmets.

C’est en 2007 que Sapmer fait son entrée sur le marché du thon. Ses zones de pêche, cette fois, se trouvent dans l’océan Indien et pour réussir sur ce nouveau créneau, elle fait l’acquisition de bateaux de dernière génération, s’inspirant des technologies japonaises. Il est possible d’y congeler les prises immédiatement à température ultra-basse (-40°C). De plus, cette température est maintenue tout au long de la chaîne du froid, soit au cours de la valorisation, du transport, du stockage et de la diffusion du produit. De telles mesures garantissent au consommateur l’accès à un poisson «plus frais que frais», à la chair rouge et ferme, comme s’il venait d’être pêché. L’entreprise possède une flotte de neuf thoniers ; ils voguent généralement au sud des
Seychelles.

Les meilleures prises se destinent à l’unité de transformation et de valorisation de thon albacore et listao - bonite à ventre rayé -, à Maurice. Elles y sont découpées en pièces. La taille facilite l’utilisation chez les particuliers comme dans les grands restaurants. «Nos produits rencontrent un franc succès dans le monde avec nos filets de poisson 100 % naturels. Ils ne subissent aucun ajout d’eau, de colorant ou autre conservateur», souligne Eddy Boutouria, Marketing & Sales Support Manager chez Sapmer. Il explique que l’entreprise a choisi d’implanter son usine à Maurice pour deux raisons : la première étant la proximité de l’île par rapport aux zones de pêche de Sapmer et la deuxième, l’environnement économique dynamique qui y prévaut. À travers Maurice, Sapmer bénéficie d’ailleurs de privilèges liés aux accords de libre-échange avec l’Europe, les États-Unis et l’Australie, se caractérisant par l’absence de barrières tarifaires. Et d’ajouter que l’actionnariat de l’usine est réparti entre Sapmer et IBL à hauteur de 50 % chacun.

«Notre unité de production, Mer des Mascareignes, au port franc, découpe tout notre poisson de qualité supérieure. L’on y trouve l’équipement le plus moderne qui soit en matière de production de poisson congelé haut de gamme», avance Eddy Boutouria. Filets, blocs et steaks, obtenus des meilleurs morceaux, sont ensuite exportés de Maurice, à raison de quelque 3 000 tonnes par an, nous informe le Marketing & Sales Support Manager. Quant au thon de qualité standard, poursuit-il, il est vendu aux conserveries.

L’objectif de Sapmer, explique Eddy Boutouria, est d’ancrer soli-dement son image sur le marché de niche des produits de la mer de premier choix. L’entreprise compte, pour ce faire, sur la qua-lité de ses poissons et crustacés mais aussi sur le respect dont elle fait preuve envers les ressources marines. «C’est aujourd’hui une priorité puisqu’il s’agit de notre matière première. Au quotidien, nos équipes collaborent pour comprendre l’impact de la pêche et comment le limiter», ajoute Eddy Boutouria. Dans sa démarche éco-
responsable, Sapmer travaille en partenariat avec des scientifiques indépendants et reconnus pour limiter la pression de la pêche. «Dans notre secteur, nous avons les certifications les plus reconnues en matière de respect des ressources», soutient Eddy Bou-touria, citant les certifications Marine Stewardship Council, Friend of the sea et Dolphin safe.

En s’engageant envers la préservation des écosystèmes, Sapmer a réussi à se positionner sur des marchés d’exportation aux exigences élevées dans ce domaine. L’entreprise a en effet à cœur d’être au plus proche de ses clients et de leurs attentes. Et pour mieux comprendre les spécificités de chaque marché et mieux les servir, elle entend ouvrir des filiales à travers le monde à moyen et long termes. En projet, également, la création d’autres comptoirs de vente haut de gamme, type bars à dégustation, après celui de Shangai. L’inauguration d’un deuxième de ces comptoirs destinés à écouler les produits Sapmer directement auprès de la clientèle est prévue pour mars 2017, à La Réunion.

Autant de projets qui font partie intégrante de la philosophie de l’entreprise, résolument tournée vers l’avenir. En témoignent sa longévité et l’évolution qu’elle a connue en 70 ans d’existence. Alors qu’elle se focalisait essentiellement sur le marché japonais au départ, Sapmer peut se targuer aujourd’hui d’exporter sa production vers plus de 30 pays. «Dans chaque pays, nous travaillons avec des partenaires qui représentent notre marque et distribuent nos produits dans leur région. Nous les assistons et les accompagnons dans leurs démarches de commercialisation auprès de restaurants, de supermarchés et de magasins spécialisés», indique Eddy Boutouria. Celui-ci précise, en outre, que 40 % des produits Sapmer sont exportés vers le Japon, 40 % vers l’Europe et 20 % vers les États-Unis, l’Afrique du Sud, l’Australie et le Canada.

L’entreprise n’en oublie pas pour autant les marchés mauricien et réunionnais, qu’elle considère comme intéressants. Elle travaille sur un ensemble d’actions qui contribueront à y faire grimper ses chiffres de
vente. S’agissant de Maurice, Eddy Boutouria estime qu’il y a un vrai potentiel de développement car, à la différence du thon surgelé de Sapmer, disponible à longueur d’année, le thon frais est saisonnier. Or, les hôtels et restaurants de l’île ont besoin d’un approvisionnement constant, sans fluctuations de prix.

Du point de vue d’Eddy Boutouria, le secteur de la pêche thonière et la consommation de cette ressource sont en croissance. Il mentionne, de fait, une hausse de 20 % du thon pêché mondialement, résultant d’un nombre plus important de thoniers et de la mise en place de techniques de pêche de plus en plus sophistiquées. Quant à la consommation, elle suit aussi une courbe ascendante, un phénomène qui serait lié à la croissance démographique et à la valeur nutritive du thon, une excellente source de protéines.

Le Marketing & Sales Support Manager tient toutefois à mettre l’accent sur la distinction entre l’approche de Sapmer et celle de la plupart de ses concurrents. «Nous sommes dans une démarche de production ‘premium’, qui répond à une demande croissante en poisson naturel et sain, plutôt que dans celle d’une production de masse. Cette haute qualité trouve sa place dans les marchés de niche principalement», souligne-t-il.

Enfin, puisque la qualité se traduit aussi par un respect strict des normes internationales en matière de sécurité alimentaire, l’unité de transformation de Sapmer, Mer des Mascareignes, peut se prévaloir de plusieurs certifications y afférentes dont le BRC (British Retail Consortium)-Grade A et l’IFS (International Food Standard). De plus, elle est enre-gistrée auprès de la Food and Drug Administration des États-Unis et la gestion de la qualité, à l’usine, est en ligne avec les principes du HACCP (Hazard Analysis and Critical Control Points).

 

Himanshu Marchurchand
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