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Services de décoration : la demande grimpe en favorisant la qualité

Edition Number: 
1301
services de décoration
From Date: 
Mercredi 30 Août 2017
To Date: 
Mardi 5 Septembre 2017

Avec l’afflux d’investissements directs étrangers dans le secteur de l’immobilier de luxe, et une clientèle résidentielle à l’affût des dernières tendances en matière de décoration, la demande pour les produits, biens et services de décoration poursuit sa croissance. La diversité et la qualité de l’offre des artisans mauriciens sont déterminantes dans le choix des agences de décoration et d’architecture d’intérieur pour leurs produits.

Le troisième trimestre amène dans son sillage une reprise des activités pour les acteurs du secteur de la décoration. Générateur de bénéfices substantiels, ce marché a attiré au fil des années un nombre exponentiel d’enseignes locales et internationales. La croissance en surface du secteur, qu’elle soit en termes de superficie ou de nombre de points de vente, semble être un autre indicateur de sa bonne santé économique. Malgré une densité commerciale tout à fait respectable à travers les zones et les centres commerciaux stratégiques de l’île, nombre d’enseignes ont toutefois du mal à tirer leur épingle du jeu. Le secteur de la décoration fait face à plusieurs problématiques: la qualité et le prix inégaux des produits de décoration, la non-conformité dans l’offre et la demande, le copinage entre certaines agences de décoration/d’architecture d’intérieur et les fournisseurs, et tout particulièrement l’étroitesse du marché domestique.

Bien que le Bureau des statistiques national, conforté par les prévisions du Fonds monétaire international (FMI), ait prévu une croissance de 7 % dans le secteur de la construction en 2017, la reprise pour les deux premiers trimestres de l’année a été plus ou moins vigoureuse pour les activités des opérateurs engagés dans un marché opérant dans sa périphérie ; la décoration. «Les deux premiers trimestres de 2017 ont été extrêmement chargés, principalement dans le secteur des bureaux, du résidentiel et des projets immobiliers, puis nous avons ressenti une baisse en juin. Mais ce ralentissement n’a pas duré et les mois qui arrivent sont prometteurs et très encourageants dans le secteur de la construction et de l’architecture intérieure avec la construction de nouveaux PDS, les nouveaux projets de particuliers qui souhaitent faire appel à nos services», note Azimah Domun-Saunier, directrice et architecte d’intérieur d’AD Nova.

TrinidaChetty, CEO de Deco Design, société de conseil en décoration spécialisée dans la fourniture de tissus, de linge et d’accessoires de maison, admet de son côté que les deux premiers semestres ont été timides en termes de croissance en regard de son chiffre d’affaires. «Nous avons beaucoup de projets dans le collimateur, mais ils ont pris du retard. Depuis le début du mois d’août, nous remarquons une certaine reprise dans la demande autant de la clientèle du segment immobilier que résidentielle.»

Les marques renommées privilégiées

Absorbant 92% des Rs 2 milliards d’investissements directs étrangers (IDE) pour le premier semestre de 2017, selon la Banque de Maurice, le secteur immobilier de luxe continue d’être un des plus gros clients des acteurs de la décoration. Mais la clientèle des particuliers n’est pas en reste. «La demande est soutenue par la croissance dans le secteur de l’immobilier mais aussi par la demande locale de nos clients qui renouvellent leur mobilier et sont, de plus, en quête de qualité, privilégiant des marques renommées», précise-t-on chez Roche Bobois Ile Maurice.

Elizabeth de Marcy Chelin-Chabert, propriétaire et directrice artistique d’In Situ Visual Merchandising, confirme que la demande pour les services de décoration est en essor, d’autant plus que la clientèle locale qui voyage souhaite s’équiper de marques étrangères. Des marques susceptibles, poursuit la spécialiste du rayonnement des produits dans des espaces commerciaux, de vouloir s’implanter à Maurice. «Les étrangers s’installant sur notre île veulent retrouver la diversité des propositions à laquelle ils ont accès à l’étranger. Les Mauriciens veulent de la diversité en matière de décoration, du neuf, du contemporain ; c’est une dynamique nouvelle en matière de décoration !»

Et cette demande est appelée à gagner en puissance autant pour les produits que pour les services, nous disent tour à tour l’architecte d’intérieur d’AD Nova et la CEO de deDeco Design. «La demande va croître car beaucoup d’acheteurs sont en attente de recevoir leurs futurs biens, surtout pour les projets destinés aux étrangers. Les projets sont commercialisés en général pendant une ou deux années et il faut attendre en général 24 mois pour la livraison. Actuellement, nous répondons aux demandes de clients qui ont acheté leur bien en 2015 et qui seront livrés d’ici à trois mois. Ceux qui achètent maintenant seront livrés fin 2018. Cela laisse une perspective intéressante pour le futur», fait part Trinida Chetty.

Azimah Domun-Saunier est d’avis que la demande pour les services de décoration augmentera considérablement au cours des cinq prochaines années. Surtout que l’île Maurice est une destination de rêve qui possède de nombreuses qualités, tant en termes de qualité de vie, de diversité de panoramas splendides, d’incitations fiscales, de développement culturel (important ces trois à quatre dernières années), et son attachement francophone. «Les investisseurs étrangers faisant partie de notre clientèle sont à 80% d’origine française. Ils ont besoin de nos services et recherchent un accompagnement de qualité dans la création et l’aboutissement de leurs idées. Nous mettons en place une structure qui leur permet de manière simple et pratique de concrétiser leurs projets. La croissance de 7% dans le secteur de la construction à travers de nouveaux projets PDS indique que les investisseurs étrangers seront encore présents et l’augmentation de la demande en termes de projets en architecture d’intérieur nous met en confiance et perdurera aussi longtemps que le service est personnalisé et qualitatif», soutient-elle. C’est d’ailleurs une des clés du succès sur un marché de la décoration domestique hyper concurrentiel.

Innovation continue

Malgré une densité commerciale plus qu’honorable à travers les zones et centres commerciaux stratégiques de l’île, nombre d’enseignes engagées dans les services et l’offre de produits de décoration ont du mal à tirer leur épingle du jeu. Chez Roche Bobois Ile Maurice, on donne à penser que beaucoup d’entrepreneurs se lancent sur le marché de la décoration local en pensant qu’il est porteur. «Dommage, il y a encore des dizaines de secteurs à développer à Maurice dont personne ne s’occupe encore». Le phénomène est le même dans le monde entier, fait ressortir notre interlocuteur, dès que l’offre augmente, certains magasins ont des difficultés. Manque de services, produits peu qualitatifs, employés sans formation… en seraient quelques-unes des raisons, détaille notre interlocuteur.

À cela Trinida Chetty ajoute le constant besoin de s’adapter au marché, aux exigences de la clientèle et d’innover. De plus, ajoute la spécialiste en conseil de décoration notamment en matière de produits textiles, l’île Maurice demeure un petit marché et souvent verrouillé. «Il suffit pour cela de voir quelles sont les entreprises qui sont sur la plupart des projets ; il n’est pas facile de se faire une place au soleil… donc les entreprises doivent sans cesse innover et trouver des parades pour s’en sortir.»

Une des autres raisons derrière l’échec entrepreneurial de certains opérateurs du secteur de la décoration, relève Azimah Domun-Saunier, est l’inadéquation de leur offre par rapport à la demande du marché. «Nous avons remarqué une augmentation des points de vente en termes d’ameublement et de décoration. Il y a également quelques sites Internet qui font la vente en ligne de mobilier. Il y a donc une demande, mais elle n’indique pas une aide à la croissance économique. Les enseignes présentes sur le marché mauricien ne sont pas toutes adaptées à la demande locale ou étrangère. Du haut de gamme, trop haut de gamme, des prix corrects mais la qualité laisse encore à désirer. Ou bien des délais trop longs pour l’importation de produits à travers ces enseignes. La demande est présente mais l’analyse de ce dont nous avons besoin n’a pas encore porté ses fruits.»

AD Nova, indique-t-elle, fait du sur-mesure, avec 70 % des produits d’ameublement et d’objets de décoration réalisés dans des manufactures locales, afin de s’adapter au mieux à la demande du client «car nous n’avons pas suffisamment de choix sur le marché local bien que la superficie des points de vente soit importante. En contrepartie, nous faisons ainsi travailler les menuisiers, les garnisseurs, les créateurs de luminaires, par exemple, et c’est un point positif pour notre pays que d’avoir un savoir-faire local apprécié.» La propriétaire d’In Situ Visual Merchandising abonde dans le même sens en faisant ressortir le tarif élevé des loyers des centres commerciaux, «un frein pour les marques désireuses d’émerger sur le marché». Les petites boutiques susceptibles de faire la différence de par leurs produits exclusifs ne peuvent aspirer ainsi à se retrouver dans ces centres commerciaux au taux de fréquentation élevé.

Joanna Seenayen
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