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Sucre: 30 % des contrats finalisés sur le marché européen

Edition Number: 
1299
sucres spéciaux
Incertitudes quant à l’évolution des prix
From Date: 
Mercredi 16 Août 2017
To Date: 
Mardi 22 Août 2017

À partir du 1er octobre, le marché sucrier européen sera entièrement libéralisé suivant l’abolition des quotas. Ce système encadrait le marché depuis 1968, limitant la production du sucre de betterave et laissant la voie libre aux pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), dont Maurice. La suppression des quotas marquera le début d’une nouvelle ère avec le renforcement du jeu de la concurrence.

Au Syndicat des sucres, on reste sur le qui-vive. Des incertitudes subsistent, notamment concernant l’évolution des prix. Réagissant aux déclarations selon lesquelles l’industrie sucrière aurait des difficultés à commercialiser le sucre blanc sur le marché européen, le CEO du Syndicat des sucres, Devesh Dukhira, ne nie pas, précisant qu’à ce jour, 30 % des contrats pour la commercialisation du sucre blanc sur le Vieux Continent ont été bouclés.

Cette situation n’est pas sans conséquence. Ainsi, valeur du jour, l’organisme n’est pas en mesure de communiquer le prix ex-syndicat, soit le montant devant être versé aux planteurs. «Pour donner un prix ex-syndicat, il faut avoir des contrats. Le fait qu’il n’y a pas beaucoup de contrats pour le sucre blanc, nous ne pouvons pas communiquer sur les revenus que les planteurs toucheront pour cette campagne», souligne Devesh Dukhira.

La suppression des quotas entraînera un surplus de sucre blanc sur le marché européen. Il faut savoir que sous le régime sucrier de l’Union européenne, les producteurs européens faisaient face à des limites. Ils étaient restreints à un quota et ne pouvaient livrer que 13,5 millions de tonnes de sucre en Europe.

Or, la consommation de sucre en Europe est de 16,5 millions de tonnes. Et le déficit de 3 millions de tonnes de sucre était comblé par les producteurs sucriers des pays ACP. Avec la fin des quotas, il n’y aura plus de restrictions sur les 13,5 millions de tonnes de sucre sur le marché européen. À partir du 1er octobre, un producteur européen pourra ainsi proposer au marché la quantité de sucre qu’il désire et exporter la quantité qu’il souhaite. Quant à ce gap de 3,5 millions de tonnes de sucre, approvisionnées par les pays ACP, il est appelé à disparaître graduellement.

Surplus sur le marché

L’équation est donc simple : il y aura un surplus de sucre sur le marché européen. Une situation que les acheteurs suivent de très près. «Les acheteurs vont tenter d’obtenir les meilleurs prix possible. Ils se disent qu’il y a un surplus de sucre poussant les producteurs de sucre à baisser les prix», explique Devesh Dukhira. En conséquence, les acheteurs ne sont pas pressés de finaliser les contrats, sachant que la livraison pour les contrats européens se fait d’octobre à septembre. «Autrefois, avant les grandes vacances d’été, les acheteurs européens finalisaient leurs achats au mois de juin», ajoute notre interlocuteur.

La situation n’est pas critique pour autant, insiste Devesh Dukhira. L’industrie sucrière mauricienne ne se retrouvera pas dans une situation où elle ne pourra pas vendre le sucre blanc. Par exemple, des producteurs comme Coca-Cola auront invariablement besoin de sucre. À un certain moment, ils devront s’engager à en acheter.

Quid des sucres spéciaux ? Devesh Dukhira explique que 75 % des contrats ont été, à ce jour, finalisés pour la production annuelle de sucres spéciaux. Il précise qu’il n’y a pas de surplus sur le marché pour les sucres spéciaux car les betteraviers européens produisent uniquement le sucre blanc. Alors que les sucres spéciaux ne sont fabriqués qu’à partir de la canne.

Shareenah Kalla
Rubrique: 
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