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Verger Anna : le pari risqué de Suman Cheekhooree

Edition Number: 
1272
Verger Anna
From Date: 
Mercredi 8 Février 2017
To Date: 
Mardi 14 Février 2017

L’exploitation située à l’entrée de Flic-en-Flac, non loin du morcellement Les Jardins d’Anna, constitue le point de départ d’un vaste projet de développement où agriculture raisonnée rimera avec éducation, loisirs et découverte.

C’est à une entrée en matière plei-ne d’arômes que nous convie Suman Cheekhooree dès notre arrivée à Verger Anna, dont il est un des directeurs. Il nous présente, en effet, une sélection de produits issus de l’exploitation qui s’étend sur une dizaine d’arpents à Flic-en-Flac. Alors que nous humons le frais parfum que dégagent le romarin et le céleri, notamment, notre regard se porte sur les cultures aménagées avec soin et rigueur. Elles font partie d’un projet d’agriculture raisonnée lancé en 2013 et d’une vision plus globale quant au développement de cette grande propriété de l’Ouest.

Mais avant d’en arriver à ce moment des plus gratifiants sur les plans olfactif et visuel, nous avions rendez-vous chez Roger Fayd’herbe, dans la zone industrielle de Plaine Lauzun. Suman Cheekhooree nous attendait au siège de cette entreprise engagée dans le secteur agrochimique depuis quelque cinquante ans. À ses côtés, le Chief Executive Officer (CEO) de Roger Fayd’herbe, Clifford Dove. Celui-ci nous explique que la compagnie importatrice et distributrice de produits chimiques destinés à l’agriculture mais aussi de semences de marques internationales, propose continuellement de nouvelles variétés de plantules à travers sa subsidiaire Agrisol. Cela fait quelques années déjà, poursuit le CEO, que Roger Fayd’herbe a adopté une approche différente. Elle consiste à offrir aux planteurs des semences et jeunes plants provenant de variétés de légumes plus résistantes aux nuisibles et aux facteurs climatiques. Selon Clifford Dove, ces variétés sont aussi adaptées aux goûts du marché local et assurent, en parallèle, un bon rendement aux agriculteurs.

Le même esprit anime le lancement, fin octobre 2016, d’Agrisafe, système de certification dont l’objectif est d’accompagner les planteurs de l’île dans leur migration vers une agriculture plus saine, respectueuse de la nature et des hommes mais qui peut, dans le même temps, leur être profitable.

La certification Agrisafe a été présentée à l’occasion des deux Farmers’ Days  qui se sont tenus les 26 et 27 octobre 2016 à l’initiative de Roger Fayd’herbe avec la collaboration de Verger Anna. À propos de ce partenariat, Clifford Dove indique que l’entreprise agrochimique était à la recherche d’un site approprié, «qui avait les infrastructures voulues et partageait la même philosophie». En ce sens, Verger Anna leur est apparu comme le meilleur choix.

Le CEO salue le fait qu’en outre, l’exploitation a mis une équipe à leur disposition les deux jours de l’événement. Celle-ci s’est avérée particulièrement utile au cours des visites guidées, en compagnie d’agronomes, visant à exposer aux principaux acteurs de la filière légumes du pays – preuves à l’appui – les différents aspects du projet.

Les terrains sous culture de Verger Anna avoisinent le Domaine Anna, restaurant bien connu de la région, de même que Les Jardins d’Anna, projet de développement foncier à vocation résidentielle. Nous retrouvons Suman Cheekhooree sur l’exploitation, ce même jour où il nous présente romarin et céleri pour que nous puissions en apprécier la qualité. S’y ajoutent, dans un bac, aubergines, betterave, piments, laitue et thym. Ici, pas question de monoculture, néfaste à la nature ; la variété est de mise. «Notre clientèle comprend les hôtels des alentours : La Pirogue, Sofitel L’Impérial, Hilton…», fait ressortir Suman Cheekhooree. Les légumes de Verger Anna, ajoute-t-il, se destinent aussi à un certain nombre de restaurants et de grandes surfaces.

Le directeur ne tarit pas d’éloges à l’égard des produits de Verger Anna.«Aujourd’hui, les légumes que nous récoltons sur le site sont extraordinaires», dit-il. Et de reconnaître que, «notre partenariat avec Roger Fayd’herbe nous a permis de faire un pas en avant». Car, tient à le rappeler Suman Cheekhooree, la culture vivrière sur ces terres faisant partie d’un héritage familial n’était au départ qu’une activité annexe, «presque un hobby». Désormais, l’entrepreneur envisage les choses sous un autre jour et considère Verger Anna comme une des composantes d’un projet de développement intégré pour la région.

À la question de savoir pourquoi Suman Cheekhooree a choisi, dès le départ, de faire un usage agricole de ces quelque dix arpents, il évoque un retour aux sources, à la terre, tout en sachant que la tâche ne serait pas aisée, ce, pour diverses raisons. La première d’entre elles est le climat chaud et sec de la région qui pourrait ne pas convenir à certaines cultures. «L’agriculture, il faut oser, surtout ici, à Flic-en-Flac. Qui aurait cru que nous pourrions y produire une si grande variété de légumes ?» L’emplacement où se situe Verger Anna, l’entrepreneur aurait pu, nous dit-il, prendre la décision de le vendre au plus offrant, en sachant qu’un arpent, selon ses estimations, vaut dans les Rs 20 millions. Mais l’homme veut croire à son projet d’agriculture durable, malgré les risques que ce dernier comporte. «Je le fais aussi pour mes enfants»,
confie-t-il.

De plus, fait valoir le directeur, un tel projet sera générateur d’emplois : «L’un de mes objectifs est de donner du travail aux gens de la région pour leur permettre de mieux vivre ; de créer de la richesse». Suman Cheekhooree veut aussi donner une dimension pédagogique à Verger Anna, ce, avec le concours d’un groupe d’amis et partenaires. Ses collaborateurs et lui envisagent, en effet, de consacrer une partie de l’espace autour de l’exploitation à des activités  éducatives à travers lesquelles les écoliers et collégiens seront initiés à l’agriculture raisonnée. «Notre vœu est d’amener les enfants à mieux comprendre les pratiques agricoles afin qu’ils s’y intéressent dès leur jeune âge. C’est un secteur d’avenir, symbole d’une sécurité alimentaire renforcée», observe-t-il. L’entrepreneur pense, par exemple, à une classe de recherches à ciel ouvert alimentée par la culture de nouvelles variétés de légumes.

Plus encore, à long terme, Suman Cheekhooree a pour projet de développer le site où est implanté Verger Anna en un espace de loisirs et de découverte, d’y aménager une pépinière et un élevage de poissons. Cette dernière activité a d’ailleurs déjà débuté. «Depuis février/mars 2016, nous avons commencé l’élevage de plusieurs espèces de poissons sur une base pilote. Nous avons recruté pour ce faire un consultant qui travaillera avec nous cette année en vue de faire grandir cette activité», indique-t-il.

Quant au morcellement Les Jardins d’Anna, situé vis-à-vis de Verger Anna, de l’autre côté de la route, tous les lots qui le constituent ont trouvé preneur. Les futurs résidents du projet bénéficieront donc des différentes infrastructures et facilités mises en place par Suman Cheekhooree et l’équipe qui l’épaule à Verger Anna et dans ses environs immédiats. Un avantage certain étant la possibilité de s’approvisionner en légumes frais et sains non loin de leur lieu d’habitation. Enfin, l’entrepreneur indique qu’une compagnie sœur de Verger Anna, Anna Services, offre aux propriétaires des lots du morcellement des services d’aménagement paysager et de maintenance des espaces extérieurs. 

Joanna Seenayen
Rubrique: 
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